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Idées, échanges
REBELLES LE PARTI DE LA BANLIEUE3
Par les bois et les collines, sous les aboiements des chiens policiers,
le repli bien organisé de la "colonne d'attaque"
- et, au gué d'une petite rivière, le baptême de la G.P....
A la "réunion de bilan" de l'opération de Flins, il me sera reproché,, d'avoir laissé se disperser le "groupe de porte", après l'entrée réussie dans la cour de l'usine - et d'avoir mal utilisé cette "force spéciale" au moment de la "castagne" générale.
Je l'ai reconnu.
C'était parfaitement vrai.
Nous n'avions rien prévu pour le groupe, à ce stade.
Très "service service", selon mon habitude, j'avais concentré toute mon énergie sur la mission qui nous était impartie, celle de "commando de porte" - et je m'étais complètement relâché, une fois l'essentiel fait. Me contentant, nous avons pu l'analyser sur le film inévitablement réalisépar J.P.O., de veiller au grain, en deuxième ligne, et de balancer une paire de mawashi geri trop rapides, et donc, peu appuyés, dans les basses côtes d'un fou armé d'une sorte d'énorme outil métallique qui ennuyait Jean-Pierre Liban.
Ensuite, au moment de la sortie, dont nous avions décidé le moment, ensemble, on ne peut plus calmement - il nous restait peu de temps avant l'arrivée, prévue des "tuniques bleues", et l'encerclement de toute la "zone usine" - j'avais commis l' erreur, que, là, je me reproche, de laisser Olivier Rolin, "Antoine", maître de bal, faire demi-tour, tout seul, d'un coup, sans dire un mot et sans prévenir, quittant le groupe que nous formions ensemble, en arrière-garde, pour aller rechercher, au cœur d'une mêlée qui venait de se former, le "petit Maxime" de Massy...
Traînant derrière, ce blondinet frisé mince et souple, d'apparence fragile, mais toujours sur les points chauds, s'était fait sérieusement "accrocher" par une bande de "petits-chefs" excités.
Il a failli se faire lyncher.
Olivier a entendu un cri, ou le bruit de coups. Il est retourné dans la mêlée, sans nous appeler, et l'a ramené - un bras cassé.
Puis nous sommes partis, dans les prés verts, baignés par la douce lumière d'un après midi de printemps, aux portes de l'été, heureux d'avoir atteint notre objectif, pleins du souvenir de Gilles, et de son sourire - comme de ceux des ouvriers de l'usine, ravis de notre "come back" et surtout de la "tannée" infligée à leurs garde-chiourme, écho de celle que nous avions mise, ensemble, aux C.R.S., l'année d'avant...
Vexé d'avoir raté Maxime, et Olivier, je fermai cette fois la marche, sûr d'être le dernier...Comme "U Cervu" l'a fait aussi, me révéla-t-il, à Ajaccio - je me laissai même un instant décoller, juste pour le plaisir de contempler le spectacle de la "colonne des 15O" serpentant au flanc d'une colline, à la recherche de notre "itinéraire de repli"...
Un avion d'observation de la gendarmerie tournait au-dessus de nous. Nous nous sommes engagés sous le couvert d'un petit bois, pentu, pour le semer, tandis qu'à nos basques commençaient à retentir les aboiements des chiens-pisteurs tenus en laisse par leurs maîtres des premiers "escadrons de chasse" lancés à nos trousses.
Aucun de nous n'oubliera jamais ces moments - du robinet trouvé aux portes d'une vieille ferme où, chacun à son tour, et dans le plus grand calme, nous nous sommes partagés quelques gorgées d'eau fraîche, au petit affluent de la Seine, peu profond, où pour larguer les chiens, nous avons pataugé jusqu'à mi-cuisse, courbés sous des branchages, sur quelques centaines de mètres, avant de changer de rive.
Les filles tenaient le choc, brillamment, Olivier, grimaçant de douleur, serrait comme il pouvait son bras, et Geismar, surprenant de vitesse autant que de vaillance, trottinait sur ses courtes pattes comme un crack des paddocks au meilleur de sa forme...
Un "pisteur" maladroit ayant perdu ses repères, nous avons raté le rendez-vous avec nos camionnettes, et c'est Alain, toujours parfait, donc, ce jour-là -il s'est "rattrapé" depuis...- qui a su utiliser une cabine téléphonique assez éloignée de notre dernière halte pour alerter, par une série de coups de fils prudents et indirects, ses anciens amis du S.N.E.sup.
Bien après la tombée de la nuit, couchés dans l'herbe parfumée, à couvert, nous avons attendu les voitures...
Une par une, elles sont venues. Embarquant d'abord Olivier, plus quelques autres blessés.
J'ai eu le temps de dormir une heure, au moins, tranquille, le cœur plein de bonheur, avant de prendre le "dernier wagon", comme un Capitaine quittant son navire s'enfonçant doucement dans la mer grise, le tout-dernier, pour le principe, et d'aller retrouver mon plumard, crevé, mais satisfait...
"C'est à partir de Flins" (1969) "qu'une organisation maoiste commence à exister en France", commente La Cause du Peuple, dans son numéro 10, paru le 3 juillet suivant.
La cour de l'usine, investie sans coup férir, puis défendue sèchement, les honneurs rendus, au prix d'un peu de sang, à la mémoire de Gilles, et l'impact énorme, à Renault-Flins même, mais bien au-delà, de cette opération spectaculaire, conclue par un repli sans pertes, rendent célèbre, partout, le nom de la Gauche prolétarienne.
Amers, les groupuscules nous reprocheront de n'avoir pas été capables d'entraîner tous les ouvriers de Flins dans la bagarre. Heureusement! Ce n'était pas le but, loin de là. Seul de nos militants de l'usine à n'avoir pas pu se retenir, et à s'être jeté de tout son poids dans la fournaise, après avoir été provoqué par un "régleur", Julien, qui avait "sonné" l'homme d'un seul coup de poing à assommer un bœuf, fut évidemment licencié, dès le lendemain. Il restera un militant précieux et dévoué, sur l'usine, puis sur toute la zone des Mureaux, auteur, aussi, d'éditoriaux musclés, concis, concrets et clairs pour nos journaux.
Jean-Claude Vernier et Charles-Henri sont restés jusqu'à ce jour ses amis proches, - mais pas ce grand dadais de Jean Rolin, ajouté, ce jour-là, au "commando de porte", pour faire plaisir à son grand-frère...
Sans oser toutefois le nommer, Jean devait écrire sur Julien, désigné sous forme d'insinuations d'une ignominieuses d'une immense lâcheté, des choses dégoûtantes, dans un de ses écrits sordides de repenti, "L'organisation", paru vingt ans plus tard - médiocrement écrit, mais salué, comme il se doit, par la critique...
Olivier, de son côté, ne manquera pas d'en rajouter une couche dans son - désolant...- "Tigre en papier".
Révélant, au passage, des fantasmes qu'on ne lui connaissait pas, notre "Antoine" alors en manque de sa douteuse "Cléopâtre" (lire page) évoque une nuit passée, au cours d'un "stage de formation" dans un lit partagé avec "Juju de Sochaux", un personnage de synthèse dont il dit beaucoup de mal - et qui, de plus, lui aurait "tâté les couilles", doucereusement, le réveillant en plein sommeil, sans que celui que les ouvriers de Billancourt allaient baptiser, plus tard, "Le Maréchal", saisi, ou séduit, ose lever...un sourcil...
Il est vrai que dans le même "livre", salué lui aussi, pour les mêmes raison, par la critique, Olivier révèle sa fascination d'antan pour l'exceptionnelle "beauté", le déhanchement, et les jolis foulards selon lui blancs d'un des rares fils de la très grande bourgeoisie militant avec lui la G.P., qu'il nomme Delacroix (De la Cruz) - et où beaucoup ont cru me reconnaître.
Il y moque aussi, de façon répugnante, "Pompabière", un des plus solides militants ouvriers maos, ami fidèle de Pierre Overney, devenu un élément de base de notre "branche armée", la NRP.
Olivier, qui se consacre aujourd'hui, avec le courage qu'on imagine, à un "combat" verbal boursouflé, plein d'emphase et de pos, contre l'hydre sans cesse renaissante, en France, de l'antisémitisme - dans la luxueuse revue "néo-cons" de son ami le sarkoziste André Glucksman à laquelle il collabore assidûment - a surpris beaucoup d'entre nous, enfin, dans le même livre, par le surnom un tantinet méprisant choisi pour évoquer un autre de nos frèrers de combat dans cette "petite maison" clandestine, alors soudée: "Fichaoui".
Le "petit juif" ainsi ridiculisé, "pied-rouge" intrépide, rigolard et modeste venu de la communauté juive d'Algérie, porte un nom nom en "aoui", sans aucun rapport avec l'acide "fichu" , ou "je m'en fiche"
- "Fichaoui", donc, c'est du Céline, Olivier - dont tu admirais tant, toi, quand nous partions ensemble en vacances dans ta vieille 11CV Citroën, au Castellet, "le style"...
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REBELLES: LE PARTI DE LA BANLIEUE2
Le "coup de la chèvre" a été filmé
J.P.O. qui, lui, bien que d'un format beaucoup plus réduit que July, n'a jamais eu peur des coups à recevoir, ou à donner, était là sur le terrain, à Montrouge. Il s'est alors installé dans la fonction - en fait, très exposée - de reporter audiovisuel (sans carte de presse). Il opère à l'aide de la caméra super-huit flambant neuve avec laquelle il va réaliser, bientôt, le premier film "Palestine vaincra!" - diffusé dans toute l'Europe.
Grâce à lui, donc, l' "A.G. de bilan" réglementaire, permettant le travail de "critique-autocritique" qui suit, en principe, toutes les initiatives d'importance, nous permettra de visionner les images, plaisantes des "chèvres" aux bêlements plaintifs, appâts parfaits, avec leur petit stand de propagande paisible, offert aux "loups" vite alléchés en uniforme bleu.
Puis le "tempo" s'accélère, avec la charge soudaine, style Reischoffen, des "chasseurs de flics" rusés et sans pitié que nous sommes en train de devenir.
Les copains ont surgi de partout sur un simple signe de la main, et se sont rendus maîtres du terrain en deux coups de poing et trois coups de pied - plus un nombre incalculé, ça va tout de même vite, de "han!" et de "ho!" accompagnant les mouvements des hampes de drapeaux (rouges), vulgaires et solides manches de pioche à poignée évasée, pratique, achetés en masse dans les rayons spécialisés de notre cher Bazar de l'Hôtel de Ville (B.H.V. publicité gratuite...), devenus, pour notre "groupe matos", familiers...
Pour réjouir l'assistance, et se payer ma tronche, J.P.O. choisit de diffuser en accéléré la séquence-clé du piège.
On y voit les premiers gardiens de la paix, venus, roulant des mécaniques, et sans se méfier, se faire stopper, devant trois ou quatre paisibles vendeurs de journaux - les "chèvres", garçons et filles - par un jeune costaud déterminé, hâbleur et insolent (votre serviteur...). Le jeune coordinateur de ce premier "piège à flics" semble les baratiner à toute allure, ridicule... Genre "bla-bla-bla-bla-la-liberté-de-la-presse-c'est-un-scandale-vous-n'avez-pas-le-droit."
Pour que "l'embrouille", fonctionne, il faut prendre le temps. Que les badauds s'étonnent, puis s'indignent...Et que le peuple du marché commence à s'attrouper, pressant, contre les policiers...Alors seulement la décision sera prise de passer à la phase deux: "képi vole"...
Le "groupe de choc" qui se distingue ce jour-là est formé,de lycéens de Massy, premières de nos recrues dans les lycées de banlieue, plus coriaces encore que nos excellentes "mains blanches" au "cœur rouge" des "prépas" de Louis-Le Grand, de Henri IV, pas tous de grands sportifs, ou même que nos "matheux" de Saint-Louis, graine de Saint-Cyr ou de Polytechnique...
Parmi eux Jean-Pierre Liban, aujourd'hui cadre commercial à L'Express. Sa Maman, madame G., sera l'une des animatrices du premier groupe, combatif, de familles de prisonniers politiques de la G.P., dont son fils, l'année suivante...
Dissimulé au sein de la foule, où les plus fins d'entre eux achètent même quelques betteraves, ou quelques choux de Bruxelles pour mieux se fondre dans le paysage entre les étalages, nageant dans le peuple "comme des poissons dans l'eau" , le commando d'embuscade a fondu sur sa proie comme les Sioux sur Custer au bord de sa dernière rivière.
Chargé de l'ordonnancement d'ensemble de la cérémonie, donc de l' "accroche" initiale comme du "topo", j'ai donné le signal d'attaque avant d'aller m'agripper, pour prendre la parole, à un vague poteau, juché sur un cageot branlant, sous l'œil inquiet, mais maternel, d'une accorte et replète vendeuse de carottes, visiblement plus proche des "Indiens", piégeurs, que des "tuniques bleues", piégées (nous sommes en terre de vieille implantation "rouge").
Sur un marché, il faut forcer la voix, parler lentement, et les mots doivent claquer. Après un discours bref, mais bien senti, le moment est venu d'un repli, bien protégé, du "commissaire politique". On l' "exfiltre" avant même le "groupe chèvre", puis le repli organisé, en bloc, du "groupe choc" - entre les piles de melons d'aubergines et de tomates, un peu secouées...
Nous n'avons pas décidé cette opération à la légère, pour nous faire un coup de pub sur Europe 1 et faire plaisir à Serge - ni par haine des flics, ce serait nul.
Tout a mûri lentement en ce début 1969.
La "Gauche prolétarienne" émerge peu à peu.
La première discussion d'un "groupe de 12", rue Lacépède, chez les parents Rolin, a permis des échanges entre les "trois composantes", en accord sur l'idée, fondatrice, de la "résistance prolétarienne", à partir des combats de Flins et de Sochaux, et donc opposés aux thèses liquidatrices, dominantes, du "reflux des luttes", "brisées par la répression", et du nécessaire repli dans les livres, pour la "formation de cadres", en chambre...
Une forme nouvelle commence ainsi à émerger des ombres de la caverne au soleil des idées clarifiées, décantées, et affirmées - avant que le moment survienne de "passer à la pratique".
De Gaulle
Le Président de la république a pris la décision de confier son destin au peuple de France.
Les grèves de mai 68 l'ont démontré: il a été coupé, et il le sait, du monde du travail comme de la jeunesse. La couche de courtisans, de technocrates et d'affairistes dont il s'est entouré, à tort, ont fini par faire écran, et l'engluer.
Mais sans confirmation, explicite, du suffrage citoyen, il préfère disparaître. Il joue donc, comme toujours, son destin personnel à quitte ou double, et convoque un référendum pour le 27 avril 1969, officiellement, sur la question de la régionalisation et du Sénat - en fait pour poser aux français la question de confiance, par ce biais, mal choisi, sur de mauvais conseils.
Lâché par les milieux d'affaires, financièrement liés aux clans atlantistes, mais aussi par le puissant lobby pro-israélien, qui ne lui a pas pardonné sa "politique arabe" de 1967, et dispose d'importants relais dans la presse comme dans la pub (donc dans les principales radios), et poignardé, enfin, dans le dos, par la grève de l'Etat (de l'importante fraction de l'administration qui roule en douce pour "le changement" et la "modernité"...américaine), le général n'a pu se rétablir, fin mai 1968, que par la rébellion, presque contre lui-même, de ses "grognards", Charles Pasqua en tête, avec l'appui des plus secrets réseaux issus de la résistance - dont le grand maître, dans l'ombre, reste le colonel Passy.
Ce sont eux, plus que les flics - ou par l'intermédiaire de flics à leur service - qui ont commencé à organiser l'infiltration des barricades, des facultés occupées, et des A.G.
Contre un mouvement tapageur, mollusque sans carapace, dépourvu de de tout véritable projet comme de toute structuration démocratique, il n'a pas été difficile d'infiltrer des provocateurs, puis de "durcir le jeu" des barricades et de brûle-voitures, jusqu'au retournement complet d'une opinion d'abord favorable aux "jeunes" massacrés par "la poulaille".
Dépourvus de tout sens politique, les "leaders" auto-proclamés du "mouvement", Cohn-Bendit et Geismar en tête, sont des baratineurs d'A.G. doublés de suceurs de micro appâtés et sélectionnés par Europe 1 ou RTL (Havas ou Publicis). Jamais élus ou ratifiés par qui que ce soit, et très vite ivres de leur jeune "gloire", ils sont dépourvus de toute vision politique à long terme.
Sans capacité d'anticipation, donc, d'organisation, ils n' ont vu que du feu aux manœuvres des "réseaux"...
Les temps devenaient mûrs, alors, pour l'immense manifestation gaulliste des Champs-Elysées, et la réouverture des pompes à essence, tocsin du mouvement gréviste qui lui aussi s'essouffle, faute de perspectives claires.
A l'approche des vacances d'été les élections de juin ont été triomphales pour "le pouvoir".
Même s'il ne s'incarne plus que sous la forme d'une grande ombre solitaire traînant sa peine dans sa vieille carcasse usée par un combat de trop, après tant et tant d'autres, dans un Elysée déserté devenu château d'Elseneur où rodent, à chaque coin de couloir, la trahison et ses fantômes...
A "gauche", unis dans la déroute comme ils l'avaient été dans une bréve et velléitaire tentative de prendre en marche le train de la "subversion", socialistes et communistes voient leur opportunisme, leur absence de vision, de cohérente - et la peur " de la chienlit" , qui en est la conséquence... - durement sanctionnés par le peuple des urnes, ce peuple bleu-blanc-rouge qui est tout de même le peuple, au même titre que celui des barricades, de "Libérez nos camarades", des oriflammes couleur de sang, des séquestrations de "patrons voyous",et des occupations d'usine...
Vainqueur, mais, sur le fond, vaincu - trahi et en réalité chassé par ceux qu'il croyait siens - l'homme de la France Libre, du "Programme du Conseil National de la Résistance", de la création de la Sécurité Sociale et d'EDF, de la nationalisation des banques, de la bombe H française brisant le duopole de Moscou-Washington comme l'insolente création d'Elf (défi majeur aux "majors" anglo-saxons du pétrole) réussit sa sortie, démocratique.
Le grand chef militaire devenu le père de la Constitution de la V ème République, puis le soldat de la"paix des braves", de la main tendue à Ben Bella et à la direction historique du FLN (tirés des geôles où les avait jeté le "socialiste" Guy Mollet) puis des "accords d'Evian" (nouveau "Genève", sur l'autre rive du Léman), a rétabli la paix en Algérie - par la seule voie possible, politique, celle de l'autodétermination et par l'indépendance.
Fort de ce somptueux bilan, il n'allait pas filer sous la pression de la rue.
Il a repris les choses en main, puis donné à Pompidou et Giscard, qu'il méprise, l'occasion de dégainer le poignard de Brutus, et laissé le peuple juge...
Contre le front douteux du "Non" à l'homme de la France Libre,
la G.P. boycotte - violemment - les urnes du du referendum
Refusant, de notre côté, que des braises de mai ne sorte qu'un pacte avec le diable - l' "opposition de gauche" parlementaire, P.C., P.S., avide d'un pouvoir dont nous ne voulons pas plus que de celui de Georges Pompidou, et de ses amis des banques et de Washington - nous n'avons pas joint nos voix à celles des partisans du NON. Nous ne participons pas à la curée de ceux qui, avec le soutien de Giscard et de la pire extrême-droite alliés pour l'occasion de la "go-gauche" - l'axe "rose-brun", encore...- vont renvoyer le cher vieux soldat méditer sur l'ingratitude des Temps au bord de la mer d'Irlande...
Nous avons boycotté un scrutin, de fait, hors sujet. - Mais boycotté, vraiment. Exaspérant la "gauche", que, seuls, de fait, nous perturbons dans sa lente marche en crabe vers les délices du pouvoir, nous n'avons pas choisi l'abstention dans le calme, faite de votes nuls ou blancs.
Nos groupes de jeunes lycéens et ouvriers ont multiplié les raids-éclair, brûlant, en plein jour et devant tout le monde, partout où c'est possible, un maximum de panneaux électoraux...
"Le capital est malade, qu'il crève, écrit La Cause du Peuple (nouvelle série, "journal communiste révolutionnaire prolétarien", numéro 2 - décembre 1968), mettant dans le même sac toutes les solutions de rechange qu'une bourgeoisie, touchée au vif, échafaude,
Succédant à Roland Castro, directeur de La Cause du Peuple du printemps, journal "de front populaire", dont le numéro 1 était paru... le 1er mai 1968, son nouveau directeur de publication est Jean-Pierre Le Dantec, un breton alors digne et dévoué, fils d'un couple de (vrais) résistants progressistes des Côtes du Nord.
C'est donc une nouvelle Cause du Peuple, passée dans le camp d'un Gauche prolétarienne encore au stade d'ébauche, qui analyse en profondeur la "crise monétaire de novembre" (1968) avec ses fuites de capitaux.
La "bataille du franc" y est décrite comme le moment d'un double scénario, économique et politique:
1. - Economique, d'abord, avec la stratégie patronale de récupération, par l'inflation combinée à l'augmentation forcenée des cadences, des concessions salariales faites à la CGT (accords de Grenelle), pour acheter la fin d'une grève générale surgie par solidarité, d'abord, avec les étudiants matraqués, puis fleurissant de cent fleurs d'espoir dans les usines et les cités ("changer la vie").
2. - Politique, ensuite: la "crise de l'impérialisme français" prend désormais l'allure d'une "crise de régime". Dans un combat de trop, juste sur le fond, mais risqué, dans ses moyens, le général avait lancé un ultime défi à la stratégie mondiale des maîtres du billet vert, nouvelle "monnaie unique", et instrument fondamental d'une nouvelle et invisible servitude. Il avait osé réclamer l'alignement du Roi Dollar, comme de toutes les autres monnaies du monde, sur un référent objectif, l'étalon-or.
Il avait raison, avant l'heure. Il le paye.
Mais cette "crise", donc, globale, et dont les événements de mai n'ont été que l'occasion, fournie par le destin, pour en finir avec l'impénitent rebelle, ne se manifeste encore, écrit La Cause du Peuple, que par des "querelles de succession".
Elles ne peuvent être les nôtres.
Qu'il s'agisse de Pompidou - commis longtemps dévoué dont l'ambition de succéder à un De Gaulle qu'il a trahi, dans la tempête, n'est plus un secret pour personne - ou qu'il s'agisse d' "autres" qui "s'agitent derrière"...
"Le grand capital", insiste notre journal, est à la recherche d'une "formule de rechange".
Les "partis de gauche" ne peuvent la lui offrir. Ils sont eux-mêmes en crise depuis leur humiliante déroute aux élections de juin 1968 - et "l'équipe Mitterrand", prise au piège par ses imprudences, se trouve "en pleine décomposition".
Dans ce contexte, ouvert, et dans la perspective d' "une authentique révolution populaire", "les masses révolutionnaires ont besoin de nouvelles formes d'organisation correspondant à leur volonté de lutte et aux possibilités de la situation".
Ces "nouvelles formes d'organisation", nous les cherchons nous-même, en tâtonnant.
Ce sera le cas dès le 1 er mai 1969, au lendemain même de la victoire du "Non à De Gaulle" au référendum, et du départ aussitôt annoncé, conformément à sa promesse, par le général - monument de grandeur digne et cohérente, jusqu'à la fin.
Soucieux de ne pas nous limiter à discuter "en chambre" de ces questions, nous souhaitons, annonce La Cause du Peuple dans son numéro 3 (février 1969), nous saisir de toutes les occasions qui se présentent pour ramener le débat au fond, et "porter dans les masses le débat sur la nécessité de nouvelles formes d'action et de lutte, prolétariennes. Cela redonnera confiance à la masse des travailleurs.
Si cette tâche est menée à bien, on peut imaginer, sans être prophète, que la rue, aujourd'hui contrôlée par l'Etat policier, reviendra à ses propriétaires naturels, les masses populaires."
1er mai 1969: d'un échec à Belleville, naît la stratégie des "actions de partisans" - par la voix d'un ouvrier mao de Renault-Flins.
Véhémente, toujours, excessive, parfois - et, avec le recul, reconnaissons-le, souvent sous l'influence de l'anti-gaullisme ambiant, celui de la "gauche du capital" et des trotskistes, ses polypes, La Cause du Peuple parle rarement en l'air.
Nous n'annonçons pas, comme on dit au poker, "à découvert".
Une première opportunité se à présente à nous pour en faire la démonstration, et "porter dans les masses" ce fameux "débat" sur les formes d'action et d'organisation permettant de rendre la rue "à ses propriétaires naturels".
Ce 1er mai 1969, donc, tandis que Pompidou et ses rivaux de tout bord se mettent en campagne pour l'élection présidentielle qui vient, la "gauche" s'inquiète d'un possible "retour de flammes" de l'incendie de 1968, mal éteint.
La CGT de Georges Séguy sent la base pousser.
Elle craint - autant que nous l'espérons, nous, y travaillant à fond - une convergence de la jeunesse ouvrière avec les "enragés" de mai 1968, et surtout de juin, que les "apparatchiks" de la "police syndicale" pourchassent désormais partout aux portes des usines - et, de plus en plus, à l'intérieur...
Fébrile, la centrale encore sous la tutelle sans limite du P.C.F., lui-même toujours dépourvu de la plus mince marge de manœuvre à l'égard de ses "grands frères" - et grands argentiers - d'une "Union" plus guère "soviétique", vacillante, déjà minée de l'intérieur, annule donc le défilé prévu, traditionnel, au tout dernier moment: par peur de "provocations" de groupes "manipulés par le pouvoir" .
Tandis que la JCR trotskiste, "avant-garde" (Krivinienne) d'une "extrême-gauche" suiviste et légaliste (qui colle servilement au cul de la "vieille gauche" , dans sa posture habituelle de mouche du coche) "riposte" en éloignant ses militants par le métro, pour un maigre et morne défilé, paisible, loin, du côté de Saint-Denis, nous décidons, nous, de relever le défi. Encore peu structurés, nous passons par l'intermédiaire des anciens Comités d'Action de mai où nous gardons de l'influence, qui lancent un appel public à manifester, au métro Belleville.
Le quartier sera, inévitablement, noyé de CRS.
Il faudra donc partir, sans l'annoncer, d'une base d'appui, à l'extérieur de leurs lignes, pour venir en perturber la solide ordonnance, avant de pouvoir rêver de la plus minime offensive.
Reprenant la vieille méthode qui a fait la renommée des Comités Vietnam de Base, nous mobilisons donc nos militants, par rendez-vous secondaires, en petits groupes. Seul un responsable connaît le point de contact suivant, et très peu, l'objectif.
Ça marche.
Et je me retrouve, sono en main, devant une petite foule, rue de la Mouzaïa, sur les hauteurs du XIXème: c'est là qu'a été décidé de créer un "point de fixation", avant toute éventuelle descente vers le métro Belleville, "bouclé" comme nous l'avions prévu, par une compacte armada de CRS casqués dotés pour l'occasion de nouveaux uniformes et de nouveaux gadgets.
Entassés dans leurs cars, où en patrouille, au milieu d'une foule de sympathisants, dispersés, qui nous attendent, ils guettent la "manif", pour la "casser", d'entrée...
Mais c'est nous qui "cassons", ailleurs. La rue de la Mouzaïa abrite un Centre Départemental de la Gestion de la Main d'œuvre - une sotre d'ANPE, "objectif symbolique" tout juste "potable", choisi faute de mieux. Il représentate, en principe, l'inefficace bureaucratie d'accompagnement du chômage...
Je lance quelques mots brefs - peu littéraires.Ils sont suivis d'effets.Une volée de pierres part.Bonjour la Gestion de la Main d'œuvre...
Les flics vont-ils mordre à l'appât, et monter nous chercher, nous permettant un début au moins de "guerre des pierres", suivi, par la désorganisation de leurs lignes, permettant une jonction, tout en bas, avec ceux qui attendent, près du métro, et une manif d'enfer - narguant les syndicats, et la "vieille gauche"?
Pas si bêtes, ils ne montent guère.
Sans cocktails-molotov, et donc sans possibilité sérieuse de "mettre le feu", dans tous les sens du terme, nous ne parvenons pas à "planter le souk" dans les hauteurs - et les flics ne modifient pas sérieusement l'ordonnance massive de leur dispositif...
Nous tentons une jonction quand même, mais le bilan de la journée reste mitigé.
Mais qui ne tente rien n'a rien.
Et de l' échec de ce jour va jaillir la lumière.
"Lutte échec, nouvelle lutte, nouvel échec, et cela jusqu'à la victoire totale, c'est la logique du peuple, écrit notre bon ami Mao. Pour tirer les leçons d'inévitables déconvenues, de l'expérience, et de l'expérience, répétée, les "maoistes" attachent toujours une importance essentielle aux "réunions de bilan". "Debriefing", disent, dans leur sabir anglo-saxon les nageurs de combat, comme les super-gendarmes anti-terroristes du GIGN, férus de cette démocratie militaire, élémentaire, sans laquelle aucune formation de choc ne peut vivre, et tenir...
Et c'est, donc, de ce relatif échec, et de sa "réunion de bilan", que va jaillir l'étincelle avec laquelle la Gauche prolétarienne, qui se cherche encore, ce 1er mai 1969, va "mettre le feu à toute la plaine".
Julien de Flins
Celui qui va "trouver la voie" s'appelle Julien. C'est un ouvrier de Renault-Flins. Un jeune rural de la Beauce blond comme les blés, et baraqué, aux cheveux ultra-courts.
Ancien délégué CGT en rupture de ban avec la centrale de Geortges Séguy, il symbolise, à nos yeux, la "résistance prolétarienne", dont les abords de son usine, et ceux de la Seine, voisine, ont été le théâtre, en juin, au prix de la mort de Gilles.
"Ce qu'on a fait là-haut (Mouzaïa) c'est pas si mal, nous dit Julien, de la grosse voix rauque, qu'aujourd'hui il a conservée - après être parti rejoindre les maos de Nantes- Saint-Nazaire en compagnie de notre ami commun Charles-Henri de Choiseul-Praslin, ancien "établi" de la même usine Renault des Yvelines, avant une reconversion dans une autre vie au grand soleil du midi...
"Fallait y aller. Ceux qui critiquent, j'aurais bien voulu les y voir...Mais, les copains, je vais être clair! A chaque fois que nous sortons le bout du nez, ils nous mettent des milliers de flics, en force...Alors la conclusion est simple: organisons des actions de petits groupes, des "coups-éclair", vite-fait, bien fait, "à la surprise"...Et ne nous compliquons pas la vie.... Ne voyons pas trop grand du premier coup... Le meilleur finira par venir, plus tard, petit à petit..."
"L'œil du paysan voit juste" (Mao). Celui de l'ouvrier agricole, devenu bagnard prolétarien, sur chaîne, a fortiori.
Trois ans plus tard, nous donnerons à notre premier enfant, le prénom de Julien de Flins qui vient de formuler la doctrine des "actions de partisan". La m§re n'avait rien contre: Danielle était parmi les lanceurs de pierres de la rue de la Mouzaïa, et au "bilan".
La G.P. n'est plus un projet, fondé sur un système de thèses.
Elle est une méthode.
Elle respire son premier bol d'air, et pousse son premier cri.
Elle naît...
Même si, les choses n'ayant jamais la pureté des images d'Epinal, la vérité oblige à nuancer un peu.
Tout un cycle d' "actions de partisans" s'enclenche bien ce 1er mai. Il passe par le premier "piège à flics" de Montrouge, moment d'une première "campagne" pour honorer le souvenir de notre premier mort, Gilles Tautin - et mène au spectaculaire commando de Flins - précisément - le 17 juin 1969, conçu pour la commémoration de la noyade de Gilles, là-même, un an et sept jours plus tôt - le 10 juin 1968 (voir page).
Mais une "idée juste" n'émerge jamais de "la pratique de masse" par un unique filet, coulant d'une seule source.
Ce sont mille petits ruisseaux qui forment les grandes rivières, et de premières "actions de petit groupe", pas encore complètement conceptualisées, ni baptisées, commencent à apparaître avant cette date - constituant la genèse de ce qui va devenir la "marque de fabrique" de la G.P., sans avoir encore, toutes, tout le retentissement qu'elles méritent.
Marseille CODER: première opération "pot de peinture"
Le 7 janvier 1969, une agression ignoble survient dans un atelier de l'usine CODER de Marseille.
C'est le plus gros établissement industriel de la ville, avec 1500 ouvriers. L'entreprise a été fondée, au début du siècle, par Joseph Coder. Elle est passée depuis sous le contrôle d' une dynastie des huiles (Rastoin), maîtresse de la Chambre de Commerce, et alliée au maire "socialiste" Gaston Defferre, comme à la plus vieille droite phocéenne.
Dans ce bastion de la CGT, où l'on fabrique toutes sortes de matériels roulants - wagons, semi-remorques et citernes - un ouvrier immigré, de nationalité algérienne, qui renâcle et se rebelle contre l'exécution d'un ordre idiot, se fait traiter de "sale arabe" par un "petit chef". Les choses n'en restent pas là. Pris par le cou, à demi étranglé, le "sale arabe" qui a osé "dire Non", est brutalement projeté contre un tas de caisses, rangées contre le mur . Assommé,il devra être réanimé, puis hospitalisé - multiples lésions aux côtes...
Problème: le "violent" est secrétaire de la section C.G.T. de CODER...Il est membre d'un parti qui n'est pas, ici, le P.C.F., mais l'UDR (droite). Marseille...
La G.P. à peine naissante dispose d'un atout dans l'usine, un "établi" remarquable, Henri-André David. Loin de se terrer, et de jouer les "taupes", il anime au grand jour, un petit noyau de militants ouvriers.
Ils décident de ne pas laisser impunies les violences racistes commises, au vu de tous, par "Monsieur le secrétaire" - et de lui infliger une correction publique.
Le malappris reçoit, à la volée, le contenu d'un grand pot de peinture - jaune... - en pleine figure.
Cette opération "pot de peinture" - une formule populaire à grand impact qui évite, quand on le peut, les inconvénients d'un franc "cassage de gueule", fera progressivement des émules dans toutes les usines de France où les ouvriers, et la G.P., se trouvent confrontés à la violence de "petits chefs", acharnés à rétablir l'ordre ancien ébranlé par les grèves de mai, et à "rattraper" les concessions salariales conçues pour les faire cesser en organisant, "à la schlague" une infernale montée de la productivité par l'intensification des cadences, (lire page)...
Des Pyramides d'Egypte, bâties par des esclaves menés au fouet, cadences contrôlées au sablier, à la révolte des O.S. de Permali,
brûlant les fiches des "chronos"
Le cas de Coder est donc loin d'être isolé.
Et l'imagination des jeunes ouvriers rebelles est sans limite.
A l'usine Permali de Nancy (bois), où nous disposons aussi d'une de ses premières "bases d'usine", La Cause du Peuple compare, dans un article superbe de février 1969, la montée en puissance des cadences, poussées à fond par une armada de petits-chefs aboyeurs, aux scènes figurant sur certains bas-reliefs des Pyramides d'Egypte. Elles montrent les ouvriers-esclaves des Pharaons travaillant sous la menace du fouet - au rythme fixé par d'antiques sabliers...
En Lorraine comme à Marseille, la riposte à l'intensification infernale du travail ouvrier, qui constitue l'essentiel de la "contre-attaque du capital" après la vague de mai, ne peut pas attendre que les conditions soient réunies pour des mouvements d'emblée majoritaires.
Au contraire, comme à Montrouge, contre la pression de la police sur les vendeurs de journaux à la criée, à Flins, pour honorer la mémoire de Gilles, symbole, jusque dans sa mort, de l'union lycéens-ouvriers, et comme à l'usine Coder, soumise la violence raciste, c'est l'action de petits groupes de francs-tireurs qui, loin d'entraîner l'isolement et la défaite, reflète l'exaspération générale, chasse la peur et l'apathie - créant les conditions d' une révolte plus large...
Les jeunes de Permali se lancent dans une véritable "guérilla d'atelier" contre les chronométreurs. Son point d'orgue: un spectaculaire autodafé des "feuilles des temps", arrachées, puis brûlées.
En mars 1969, insolente référence au "mouvement du 22 mars" de Nanterre, ils constitueront leur propre "Mouvement du 18 mars". Sa première "action exemplaire" sera le sabotage d'une journée portes ouvertes, organisée dans l'entreprise. Les visiteurs vont y être accueillis par des pancartes du genre: "Sur cette scie, deux doigts coupés par le capital". "Sur cette presse, risque de meurtre chaque jour."
Inspiré des "dazibao", les "affiches en gros caractères" de la Révolution Culturelle chinoise, un journal mural exhibe une audacieuse adaptation du slogan majeur du "Président Mao":"Le patron est au bout du fusil". Comme à Coder (lire page), il ne s'agit pas d'un feu de paille, mais du début de la construction d'une force prolétarienne, plus large.
Deux ans plus tard, début 1971, le "patron-pharaon" de Permali séquestré par ses "esclaves" rebelles au sablier devenus ses geôliers d'un jour, et pris d'une soudaine fringale, se verra offrir en guise de repas... une boîte d'aliment pour chien, du Canigou. (lire page)
La lutte contre la course folle à la productivité par une augmentation bestiale des cadences, provoquera, dans les temps forts, de violentes séquestrations de directeurs ou de cadres supérieurs. Au quotidien, la lutte prend la forme d'un harcèlement permanent, riposte à l'impitoyable "chrono" des "petit-chefs" aboyeurs.
Ce sont eux qui vont devenir la cible privilégiée de nos "actions de partisans", dans ou aux abords immédiats des usines, à partir d'une stratégie soigneusement réfléchie, ancrée au cœur de la réalité du moment, et pas de "coups de chaleur" improvisés à la va-vite, voire de fantasmes...
Et bientôt nous passerons des pots de peinture à la création de véritables "Groupes Ouvriers Anti-Flics" (GOAF, lire page), et autres "Milice Ouvrière Multinationale", ou "Brigade antifasciste Beylot-Blanchet" (lire page).
Cible privilégiée: la petite maîtrise au contact direct des O.S., et, pire encore, des "régleurs", sur les chaînes - des ouvriers "lèche-cul", sortis du rang, et payés quelques centimes de plus pour veiller à la constante accélération des chaînes où s'échinent leurs anciens frères de misère...
Flins, juin 1969: "Les longs cheveux vont revenir...".
"Les longs cheveux vont revenir...". Dans son spacieux HLM proche de l'usine de Renault-Flins, où il est un des éléments de base - avec Julien - du "groupe ouvrier" que nous tentons patiemment d' "édifier", Guy nous décrit les bruits qui courent autour de lui, en ce début du mois de mai 1969 - à l'approche de la commémoration, annoncée urbi et orbi, des événements magiques, puis tragiques, qui avaient enchanté, puis endeuillé, l'année précédente.
"Les longs cheveux vont revenir...": sous le manteau, de chaîne en chaîne, couvert par grondement permanent des machines et le fracas du métal, lui aussi, comme les hommes qui le traitent, soumis à la torture, c'est l' "annonce faite à Marie" qui imprègne les esprits d'espoir dans ce bagne industriel...Avant de nous ouvrir sa porte, Guy, un ouvrier professionnel hautement qualifié (O.P.), d'une quarantaine d'années, à jeté un œil méfiant sur notre véhicule, de sa fenêtre..
C'est ma grosse moto noire. Belle et bonne, elle est simple - et n'a rien à voir avec l'éclatante Jaguar du "maître de forges" Henri de Wendel, dans laquelle Charles-Henri de Choiseul-Praslin, son beau-fils, lui-même descendant d'une prestigieuse famille de ministres à la Cour du Roy, d'ambassadeurs de France, et finalement d'un officier français mort au combat contre les troupes allemandes, en terre d'Afrique, était venu lui rendre visite en compagnie de Jean-Claude Vernier, quelques semaines plus tôt.
Charles-Henri préparait son "établissement" sur les chaînes de Flins..."Vous êtes cinglés!, avait dit Guy...Je suis connu, ici...Garez-ça où vous voulez, mais pas sur mon parking!".
Nous tentons de garder secrète, le plus longtemps possible, les mesures pratiques que nous avons en tête pour donner corps à l'idée, connue, elle, de tous, de faire, en juin 1968, une éclatante démonstration de fidélité à notre premier mort et aux valeurs qu'il portait, celles de "servir le peuple" et de "La Cause du Peuple" - et qui sont aussi, et, à ce jour, demeurent, celles de Julien, Jean-Claude, Charles-Henri, et d'un bon quart des autres (impossible de retrouver la trace de Guy...)
Nous tentons de cacher nos plans précis, sinon nos intentions, mais de les dissimuler "aux yeux de l'ennemi", pas "dans les masses", où les combattants que nous sommes, loin d'être des forcenés de la "clandestinité pour la clandestinité" , recherchent en permanence contact, contrôle, idées - et oxygène...
Et c'est par une "campagne de masse", donc, aussi (au cœur de nos méthodes depuis l'époque des C.V.B.) que nous engageons la "préparation politique" de ce "retour des "longs cheveux".
On nous attend. Au Ministère de l'Intérieur, comme chez son collègue de Défense - et chez les ouvriers.
Nous le savons.
Mais il est hors de question d' esquiver l'échéance, la responsabilité qui est la nôtre devant les ouvriers, sous le regard de Gilles, présent sur nos affiches - et l'opportunité, aussi, que la situation nous offre.
A nous de "résoudre cette contradiction", difficile, et d'inventer, avec les ouvriers, et, dans le cas précis, Julien et Guy, la forme de la bataille.
Il nous faut bien choisir le moment exact de notre intervention - rester maîtres du temps.
Histoire de tester le terrain, des urnes ont été brûlées en plein jour le plus près possible de l'usine de Flins, au cours de la campagne de boycott du référendum, en avril - comme ont été incendiés des panneaux électoraux aux abords du Centre de tri PTT de la gare d'Austerlitz où le descendant de l'ancienne lignée des "Kruse" du Schleswig-Holstein, péninsule longtemps contestée entre Prussiens et Vikings (deux peuples aux rudes sourcils...) sur les rives de la Baltique, et des Peugeot de Montbéliard, est allé s' "établir" dès la rentrée 1968 - précédent, mais de très peu, son ami Charles-Henri, descendant, lui aussi, comme le fils de mandarin Zhou Enlaï, en Chine, d'une "très grande famille"...
Cette "campagne de masse", les militants d'une "G.P.", dont les media ne vont commencer à "populariser" le sigle qu'après l'éclatant succès de notre "opération-retour" à Renault-Flins, ce 17 juin, la mènent partout. Et notamment sur les marchés. Et par exemple, sur celui de Montrouge, où la police a eu la grande satisfaction de les empêcher de diffuser, le 8, dans le cadre de cette "mobilisation" pour Flins, le numéro 3 de La Cause du Peuple - avec ses articles sur le pot de peinture de CODER, à Marseille, ou sur les sabliers-chronos des fustigeurs d'esclaves des Pharaons, avec leurs longues lanières, à l'occasion de la bataille de PERMALI-Nancy sur les cadences...
Bloqués le 8, nous sommes revenus le 15, avec le "coup de la chèvre", qui électrise nos gars - et nos jeunes filles, car toutes les actions de la G.P., sont l'œuvre de groupes mixtes, où beaucoup ont étudié les "Ecrits militaires" de Mao, empreints de l'idée qu'un "style" doit exister aussi dans le combat. Il est fait de ténacité au cours d'engagement répétés et rapprochés, de calme dans la défaite, et de modestie, dans la victoire.
Entre le 8 et le 15 juin, donc, après l'échec, porteur, du 1er mai, nous avons laissé passer le 10 - un an pile après les affrontements de masse de la "résistance prolétarienne" autour de Flins, et la noyade de Gilles. C'est en grande partie volontaire - problèmes d'organisation aussi, nous sommes très ambitieux, et dans le détail, rien n'est simple...
C'est donc le 17 juin qui sera notre jour J.
Nicole Linhart, femme de Robert, une brune ravissante à la détermination de fer, capable de claques retentissantes quand on insulte son "mec", conduit la camionnette de location où se sont engouffrés, tous pile à l'heure, les membres du "commando de porte" dont on m'a confié la responsabilité.
Nous sommes une douzaine, soigneusement sélectionnés et choisis, non pour leurs capacités physiques, ou leurs talents de "frappeurs", réelles pour quelques-uns, mais pour leur caractère bien trempé.
Pas question d'hésiter, de mollir, ou de flancher: tout le succès de l'opération repose sur nous.
Secondé par Roland Guegenbach, je dois conduire ce groupe, que Nicole a "largué", en douce autant qu' "au top", à portée de fusil de la grande porte, marquée par une "barrière de passage à niveau" rouge et blanche, et une guérite de "chiens de garde" à casquette, qui marque l'entrée de cette immense usine, située alors en pleine campagne, dans un décor champêtre dont nous avons minutieusement étudié la configuration, sur carte d'état-major, avant d'envoyer des "éclaireurs" se livrer à des "repérages", sur le terrain - et baliser, surtout, un "itiinéraire de repli" convenable, malgré l' "encerclement", inévitable, par des "forces de l'ordre" déjà en "alerte rouge"...
La mission de notre "équipe de pointe" s'inscrit dans un plan d'ensemble.
Sous couvert d'une banale distribution de tracts, nous devons nous préparer à "prendre" la porte, et à la tenir, quoi qu'il arrive, dès qu'un premier gardien apercevra, à plusieurs centaines de mètres sur sa droite, la colonne principale, avec ses drapeaux, ses banderoles, et leurs longs manches de bois épais. C'est elle qui doit faire pénétrer dans la cour Alain Geismar - bien connu des ouvriers depuis sa participation aux émeutes de l'année précédentes, attribuées à d'inexistants "groupes Geismar"... Après, advienne que pourra - et surtout, nous y comptons bien, une bonne "chicore" avec les "petits chefs racistes".
L'usine tourne avec une main- d'œuvre d'origine essentiellement agricole, mais d'un prolétariat rural appâté par des armées de "recruteurs" qui ont sillonné jusqu'aux petits "bleds" perdus au fin fond du Maghreb, après avoir ratissé la Beauce, l'Île de France, et tout le grand ouest.
Des "technocrates fous" ont rêvé de créer ici, sur une boucle de la Seine d'où la production pourra s'évacuer sur des trains de péniches, loin des rumeurs ouvrières de Paris et du premier cercle de ses banlieues alors réputées "rouges", un nouveau "modèle d'usine", avec productivité record pour un investissement minimum - un troupeau soumis sur les chaînes fabriquant des bagnoles en série, pour moins cher que des machines...
Mais le "troupeau" n'est plus soumis. S'il l'a été, un jour...
Etrangers à la vieille classe ouvrière traditionnelle et peu encadrés, du coup, par les lourdes bureaucraties syndicales, les "révolutionnaires prolétariens de Flins" sont devenus, en juin 1968, les plus durs des plus durs - alors que peu à peu, les autres grévistes se rendent. Ils se moquent comme d'une guigne des consignes électorales, et aiment ces "longs cheveux" d'étudiants - qui ne les ont pas lâchés.
Nous les aidons, depuis, comme nous pouvons, à formuler leurs objectifs de lutte. Et nous leur soumettons des méthodes d'action inspirées de ce que les "prolos" G.P. de Saint-Dizier - qu'est allée renforcer, en s'y établissant, notre ami "Momo" - appellent "la division réactionnaire entre cerveaux musclés et bras musclés".
Ce que le "Comité d'Action Révolutionnaire" (C.A.R.) de Renault-Flins traduit, dans son langage à lui, par son "refus de trimer comme des robots": "Contre les cadences, nous nous révolterons, si la direction nous met sur le pavé, elle prendra le pavé sur le coin de la gueule"
Dans la cour de Flins, donc, tout se passe à peu près comme prévu.
Le "commando de porte", dont les gardiens ont soigneusement examiné le style avant de bouger, mais avec une lente prudence, n'a pas eu besoin de distribuer la moindre gifle. Dissuasif, il a tenu la porte sans coup férir - avant de s'effacer comme à la parade pour laisser entrer la "manif", que nous avons regardé grandir en s'approchant de nous, magnifique, à sa sortie de l'église - le curé, comme tant d'autres, dans les régions ouvrières, est un "copain"...
La jonction s'est opérée à l'heure H et à la minute M, celle du changement d'équipe, où des milliers d'ouvriers vidés de toute énergie croisent ceux qui arrivent, tous rayonnant dans la joie de revoir leurs amis de 1968, avec leurs grands portraits de Gilles Tautin ouvrant ses beaux yeux noirs chargés d'espoir, et son tendre et joyeux sourire de 17 ans. Le tout, noyé, comme au jour de ses obsèques, dans une marée de drapeaux rouges, tandis que retentissent chants et mots d'ordre scandés avec puissance...
Solidement encadré, Geismar a pu dire quelques mots, à la sono.
"Gilles, avait déclaré un de nos "prolos" de Flins sur la tombe de notre jeune camarade, le jour de l'enterrement, "le don de ta jeune vie pour la cause du peuple ouvrier éclaire maintenant ceux qui jusque là dormaient. Par ton exemple, ton courage, la lutte continue, et continuera jusqu'à la victoire. Gilles tu seras vengé..."
Contrat rempli.
Quelques dizaines de "petits-chefs" musclés, survoltés, chargent à coups de barres de fer notre rassemblement recueilli, dans la cour, au moment ou un ouvrier de l'usine, à son tour, vient de dire quelques mots au micro.
Nous n'attendions que ça.
Ils en veulent? Ils en ont.
Nos jeunes de Massy, Jean-Pierre Liban, et son ami Maxime C. se distinguent, au premier rang. Ils les reçoivent de façon adéquate, et les renvoient, sans fioritures, dans leur 22 mètres.
Le sang couler.
Dans les rangs des combattants du Retour, de la Mémoire - et de la juste vengeance...- un Corse se signale par sa bravoure. "U cervu" ("le cerf"),
ancien du G.P.A. d'élite du C.V.B. de Louis-le-Grand, m'a rappelé, quand nous nous sommes revus, pour ce livre, à Ajaccio où il est revenu "vivre et travailler au pays", comment nous nous étions connus avant de nous voir, dans la grande cour de Flins, pour la dernière fois, 38 ans auparavant, donc.
Nos réunions sur le Vietnam, il n'avait "rien contre", expliqua-t-il un jour à un de ses condisciples d'hypokhâgne venu faire auprès de lui son devoir de prosélytisme militant. "Mais bof!"...En revanche, s'il y avait "quelque chose de sérieux à faire contre les "fafs", banco! "Pour ce genre de choses", il souhaitait être mis en contact direct avec un responsable, spécialisé.
On l'avait donc conduit à la petite piaule que j'occupais chez une vieille tante, toute proche du lycée. Il était neuf heures du soir. Complètement claqué, nous militions sans trêve, je dormais déjà...
Ensuite, parmi d'autres choses, il se souvient du métro Villiers - et de "Polo" couvert de sang, sa grande barre rouge et blanche de chantier brandie comme une hallebarde; et enfin du joli petit baby-gros jaune que lui et sa compagne (Fauchon: "fauchons!" Lire page) nous avaient envoyé à la naissance de notre Julien, en novembre 1972 - sachant que la Maman était seule, et le jeune père en prison.
Le premier enfant d' "U Cervu" et de sa compagne allait naître, lui, un mois plus tard..
suitevoir note suivante
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REBELLES: LE PARTI DE LA BANLIEUE
REBELLES -
LE PARTI DE LA BANLIEUE
II.
"Le Parti de la Banlieue"
Du "piège à flics" de Montrouge (92) à Flins (Les Mureaux, Mantes-la-Jolie -78)
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Mai 68, amère pilule…Tout ça pour ça?
Nous ne refaisons surface que l’année suivante.
« Coupé du peuple », « petit-bourgeois », et paralysé par la « peur de la mort", le « mouvement étudiant » s'est effondré sur lui-même. R.A.S. Nos espoirs, et déjà notre stratégie, reposent sur les grèves ouvrières qui sont allées, dans la région de Sochaux-Montbéliard notamment (Peugeot), aux limites du soulèvement insurrectionnel (fusils).
Mais l' expérience fondatrice, pour nous, c'est avant tout l'émeute autour de Renault-Flins, en juin 1968, où la "Résistance prolétarienne" a été marquée par la fusion, dans le feu de l'action, des ouvriers et de la frange progressiste des étudiants - dans une « lutte exemplaire » contre une reprise du travail "achetée" par de maigres augmentations de salaire.
Contre le pouvoir du capitalisme d'Etat, en rupture avec la vieille gauche crépusculaire comme avec ses avatars groupusculaires, Krivine etc., Flins a tracé les lignes de démarcation fondamentales, marquant les contours de la période.
La fusion atomique de trois noyaux
Refus de la peur, comme du laisser aller, et deux directions claires: « prolétarisation et militarisation ».
C'est sur cette architecture dépouillée que s'édifie la « Gauche Prolétarienne » (G.P.).
Elle naît, formellement, dans l’appartement des parents d’Olivier et de Jean Rolin (tous deux aujourd'hui repentis, et écrivains de cour), 33 rue Lacépède, au cours d’une réunion « historique », dans le soleil encore plein de chaleur du bel "l'été indien" de 1968, qui refuse un automne poutant appelé à flamboyer quatre années dignes, encore (1968-72), avant un long hiver de gel (1973-2005, puis le retour des beaux jours...
Ce jour-là s’ opère la fusion – atomique - de trois noyaux :
1 - Un petit groupe de théoriciens « marxistes-leninistes" issu de la minorité "anti-liquidatrice" de l’UJC-ml, l’Union des jeunesses Communistes (marxiste-leniniste).
L’UJC-ml est le fruit d’une scission « pro-chinoise » de l’UEC (la succursale étudiante du Parti Communiste). Elle est survenue quelques années plus tôt, sous la direction de Robert Linhart, un de ces fils d'ashkenazes rayonnants du plus lumineux universalisme, et parfois d'un héroïsme révolutionnaire à dimension d'épopée, comme l'immense Marek Edelman, jeune chef de l'insurrection du ghetto juif de Varsovie devenu, par fidélité à l'essentiel, ennemi mortel de l'Etat d'Israël, qu'il maudit.
Fils comme Marek l'invincible de l'ancienne Pologne, Robert, disciple préféré d’Althusser surpassera rapidement son "maître" - jusqu'à ce que son Judas, un chafouin sépharade originaire d’Egypte se prenant pour le puissant Moïse, son éternel second, réussisse à devenir son Brutus, et à l'abattre, en pleine fureur de mai.
2 - La tendance « Guerre Civile » du Mouvement du 22 mars : Serge July, Alain Geismar, Evelyne Haas, Herta Alvarez. Nous baptisons ainsi, par dérision, les auteurs d'un "pavé" un tantinet pompier, « Vers la Guerre Civile », à paraître début 1969, sous la triple signature ALAIN GEISMAR SERGE JULY ERLYN MORANE (EDTIONS ET PUBLICATIONS PREMIERES). Erlyn Morane est le pseudo commun d'Evelyne, la (riche) épouse de Serge, et de la bonne Herta. Prétendant représenter "la gauche du 22 mars" (ceux qui nous ont accompagnés à Flins, le quatuor a bâclé son pensum ampoulé au cours de l’été - à l’occasion d’un « conclave de luxe", à Cuba.
3. - Les « cadres politico-militaires » des G.P.A., dirigeants « opérationnels" de la future G.P. : Rolin, Jean-Claude Zancarini (« Tarzan »), et Maurice Brover, "Momo" - qui a amené son "premier apprenti", "Polo", le signataire de ces lignes…
- Très vite, c’est sur les épaules, larges, des hommes d'action, les « politico-militaires », futurs "colonels", que repose la responsabilité d’initier les premières « opérations » pratiques portant la « marque de fabrique » de ce que nous allons nommer la « Gauche Prolétarienne » (G.P.)...
"C'est formidable! - Serge JULY et les poissons rouges d'Ulm
Le 15 juin 1969, le premier « piège à flics » organisé par la G.P., sur le marché populaire de Montrouge, dans les Hauts de Seine, vaut à l'auteur de ces lignes les félicitations enthousiastes de... Serge July.
Retenu, ça va devenir une habitude, par une "panne d'oreiller" devenue "obligations urgentes" (en ce beau week-end de printemps), Serge ne s'est pas déplacé sur le terrain - au risque de prendre une beigne, ce qui nous arrive à tous sans que nous en fassions un gros caca nerveux...
Mais, collé à son transistor, il a suivi le "compte-rendu du match", sur Europe 1.
Fasciné, déjà, par tout ce qui brille, il est content comme un bébé devant sa première sucette. Il fait plaisir à voir. Et son accueil est plus que chaleureux, quand, à peine descendu de moto, casque ballottant au bout du bras, je lui fais un rapport de toute première main, "à chaud" - bref, mais meilleur, j'en suis sûr, sans avoir eu le temps d'écouter la radio (on ne peut pas être au four et au moulin...) que le "flash" urgent de ses "potes" d'Europe...
Il boit, les yeux fous, mes paroles, devant le fameux bassin aux poissons rouges autour duquel ont circulé, bien avant nous, refaisant le monde en devisant gravement, des générations entières d'intellectuels - "crème de la crème" de l'université française parvenus dans ce Saint des Saints à l'issue d'un interminable parcours de sélection, ponctué par un terrible concours.
La sagesse de ces poissons - rouges... - encore présents quand le D.E.A. de philo de mon fils aîné m'a donné l'occasion de revenir faire un tour à l'E.N.S. d'Ulm, que j'avais rayée de mon "plan de carrière" pour aller, comme d'autres, mais pas Serge, m' "établir en usine" - s'est nourrie de toutes les grandes idées du siècle d'avant le Vietnam et la Révolution Culturelle chinoise, dont les échos encore assourdis, viennent alors saper, jusqu'autour du cercle sacré d'eau verdie, cœur parfaitemend rond de cette Eglise laïque des plus anciens Savoirs, les piliers du Temple: au cœur de la contradiction savoir-pouvoir, intellectuel-manuel, et théorie-pratique...
"C'est formidable!", dit Serge, donc, avec ce sourire un peu niais, éclairant tout de même un visage déjà mou et gras, précocement nuancé de pourpre, qui accompagne chez lui tous les "formidable!" en rafale de ses emballements successifs, énoncés de la voix de métal mou, grinçante, qu'on connaît...
Passé des rangs "modernisateurs" ("droitiers" et "libéraux") de la tendance réformiste "à l'italienne", au sein de l'U.E.C. des années 60 à celle de l'acide, pétillant et libertaire "Mouvement du 22 mars", cet universitaire raté, petit prof, alors, à Sainte-Barbe, où peuvent "enseigner", hélas, l'Histoire, ceux qui n'ont pas dépassé le niveau de la licence, est un fils-à-papa devenu Roi-fainéant de la presse et de la politique la plus opportuniste, bien dans le style des radicaux de la III ème République,"rouge" (physiquement), ou plus précisément "rose-vif" (trogne comprise) à l'extérieur, et blanc, à l'intérieur...
Du camp des "italiens", Serge est ensuite passé - fasciné, toujours fasciné... - à une apologie cubano-tropicale de la plus absolue "haine de classe", avec l' innommable et prétentieux pathos qu'est "Vers la guerre civile".
Pour le pondre, Serge est allé se détendre des fièvres du mois de mai sous le soleil des Tropiques, avec sa femme d'alors, Evelyne, héritière fortunée, brillante, entreprenante et courageuse, d'une puissante dynastie juive franco-américaine, son compère Geismar, et la brave Erta Alvarez - vaillante "anar" issue de l'Espagne rouge et noire de la guerre civile, adorée des ouvriers de Citroën qu'elle finira par abandonner à leur sort, mais tard...
Avec ces trois complices, supposés représentants de l' "aile gauche du 22 mars" - qui valait mieux - la tendance de Serge à se laisser emporter sans la moindre retenue, et sans pudeur par des fascinations successives, contradictoires, pour tout ce qui semble à la mode, et potentiel vecteur de nouveaux leviers de puissance, quels qu'ils soient, le pousse à poser le plus tôt possible, et de préférence avant les autres, son postérieur d'arriviste forcené sur le dernier strapontin libre, fût-il dur et petit pour une paire de fesses molles, tombantes, et déjà, plantureuses...
Il ne perdra pas de temps pour aller s'intégrer au premier "cercle dirigeant", alors embryonnaire, de l'exigeante G.P. Il n'y fera pas d'étincelles - et sera vite "renvoyé à la base" (pour "connivence médiatique"), et convié à se "rééduquer" , dans le froid enfer du nord, sa Sibérie, son goulag, où il lui faudra errer sur de mauvaises routes sur un deux-roues minables, financé, selon toute vraisemblance, par l'intègre Evelyne, qui l'a "lourdé" mais survient encore aux petits besoins de ce pitoyable raté...
Deux profs intègres, honnêtes et dévoués, dont Bruno Mattei, futur correspondant de Libé, paieront pour lui le loyer de l'appartement de Waziers que ce Roi fainéant partage avec un vrai militant, le jeune mineur Creton, qui le méprise - mort depuis dans un accident de moto...
Au côté d'un indicateur de police de première bourre, dont il gobe, prosterné, les "verdicts prolétariens", July y lancera le premier "scoop", et le premier "bidonnage" d'une longue carrière de cocotte médiatique: avec l'affaire du notaire de Bruay-en-Artois, un superbe dossier pour un vrai "crime de classe", infect, qu'il va pourtant réussir à bousiller, par paresse autant que par faiblesse devant les séductions toujours renouvelées, du "formidable", (lire page).
Puis, quand l'assassinat de Pierre Overney, en 1972, aux portes de Billancourt, suivi par la liquidation de la G.P., en 1973, ouvrira les portes de la renommée et du pouvoir à ceux qui renient les engagements de nos morts et de tous les jeunes gens sincères et intrépides poussés au sacrifice suprême, prêts à donner leur vie pour une grande cause, il ira se vautrer sans vergogne dans les bauges de la Mitterrandie triomphante, y prostituant le quotidien "par le peuple et pour le peuple" dont nous lui avons confié la direction, Libération.
Poursuivant une carrière déjà longue d'agenouillé professionnel devant toutes les fausses idoles du temps, il ira successivement se prosterner, toujours avec le même air niais dans un visage se décomposant, au fil du temps, en une caricature à la Daumier, devant le "formidable" Giscard, et les "formidables" Rocard, rival de Mitterrand - puis Mitterrand, vainqueur de Rocard...
Mitterrand, il fallait l'oser.
Touché par la grâce...présidentielle, July, saisi d'une inspiration subite le jour de la victoire, cessera dans l'instant même de dénoncer comme "archaïque" le vieux politicien vichyste enfin parvenu, à l'issue, lui aussi, d'incessantes reptations, à l'Elysée.
Un "scoop" que le "bidonneur" de Bruay n'avait, certes, ni rêvé, ni prévu - mais on s'adapte...
La course aux "formidables" n' en est pas pour autant terminée.
L'infatigable Serge ira ensuite, langue bien tendue, lécher les beaux escarpins noirs vernis ou les bottes de walkyrie d'une guerre froide qui se termine, la "formidable" "Maîtresse Marie-France" (Garaud), devenue son égérie des années Reagan - avec son air sévère, ses coups de cravache sur les reins des suppôts du "totalitarisme moscoutaire", et son beau chignon noir...
Encore et encore et encore, le Fasciné tournera son regard bovin, éperdu d'admiration, vers les productions "Nouvelle-Droite" du couple Hocquenghem- Alain De Benoist, lascivement étalées en double pages de Libé...
Puis ses faveurs iront au Philippe De Villiers "joffrinisé" bras-dessus bras-dessous avec le pauvre Montand de "Vive la Crise" co-produit "en toute indépendance" avec la deuxième chaîne (socialisted'Etat) par le Libération "libéral-libertaire" de l'axe-Madelin-Cohn-Bendit- Guy Sorman.
A l'heure de la retraite, et pour boucler la boucle, il ne lui reste qu'à prendre les patins de ses vieux amis Bernard Kouchner (de l'époque "italienne" de l'U.E.C.) et André Glucksmann (fugitif compagnon de route chez les maos), pour déclarer sa flamme au "formidable" Sarkozy, que déjà il tutoie - mais le dernier "plouc" du dernier canard pourri le fait aussi. Et qu'il bise (il en reste une photo).
A Montrouge, ceux qui ont fait l'effort, eux, de gagner les rudes territoires de la banlieue pour une "opération politico-militaire" pouvant comporter certains risques ont pleinement atteint l'objectif fixé.
Nous avons eu l'honneur et le plaisir d'infliger une somptueuse raclée aux fonctionnaires en bleu de la "Sécurité Publique" qui prétendaient nous interdire de diffuser notre "C.D.P." (La Cause du Peuple) aux ménagères et aux prolos du marché de cette sympathique commune de la banlieue sud, autour de nos beaux panneaux soigneusement illustrés, de nos affiches couleur, et de nos mégaphones, pour la seconde semaine consécutive.
Pour ce faire, il a fallu, tout de même, comme aurait dit le "fils du peuple", Maurice Thorez, premier et dernier dirigeant de haute volée du Parti Communiste français (P.C.F.), "retrousser les manches" - en se passant donc, on en a l'habitude, de la présence, des conseils et des commentaires de "Serge", et de quelques autres spécalistes de la "guerre civile" en chambre comme de la "haine de classe" au bord de la mer tiède des Caraïbes, et en grève pour cause de week-end...
voir note suivante
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Après IMBONGI: Le Monde Réel
IMBONGI a, semble-t-il, épuisé toutes les possibilités techniques du "blog".
Du moins est-ce l'avis de la majorité de sa (petite) équipe.
Elle a donc décidé d'accepter les généreuses (mais gratuites) propositions de notre amie Shao Shan, créatrice du nouveau site internet d'informations générales, d'investigation et d'analyse: Le Monde Réel. Nous vous invitons tous à la rejoindre aussi. Le Monde Réel: http://www.lemondereel.fr/
Imbongi, cela dit, continue. En synergie avec Le Monde Réel, ses textes, ses photos, ses dessins, ses musiques, sons et videos...Et le compte-rendu détaillé, annoncé, le 11 mai, dans ces colonnes, du procès du "corbeau" d'Israël, le fasciste raphaël Schoemann....http://www.lemondereel.fr/
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Calixthe BEYALA, "Afro-française" et fière de l'être!
Je suis une "Afro-Française " qui pense, rêve, écrit en français..." " C'est une nécessité de reconnaître l'esclavage comme un crime contre l'humanité et de faire étudier cette page triste de notre histoire à l'école (...), mais il est primordial d'utiliser un vocabulaire apaisé pour l'évoquer, a déclaré cette semaine Calixthe Beyala, cette magnifique femme de lettres française à la peau noire, au beau visage étrange, et aux yeux de fauve et de feu, fascinants, d'origine camerounaise - née dans une famille pauvre de 12 enfants, à Douala. Elle avait été une des toutes premières à " monter au front ", pour exiger, avec virulence, la fin des critères d'exclusion racistes à la télévision. Mais elle ne flatte pas les petits mignons du "politiquement correct", fussent-ils "anti-racistes", dans le sens du poil. Quand la lionne sort ses griffes - c'est dans Le Point, cette semaine - messieurs les petits marquis du conformisme bo-bo mediatique, gaffe à vos jolies fesses: " La colonisation, poursuit-elle, (...) n'est pas une histoire de Blancs ou de Noirs. C'est une mémoire collective. Elle est certes douloureuse, triste, condamnable, La droite a commis une erreur monumentale avec cet article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la présence française outre-mer (...) J'espère que cette loi va être abrogée. Cela étant, il n'y a pas d'un côté les méchants Blancs, et de l'autre, les gentils Noirs qui ne sont que des victimes. (...) C'est un schema réducteur qui cristallise les haines." "Je peux comprendre, dit encore Calixthe, la colère des Afro-Français, mais je veux leur rappeler que, si nous ne sommes pas responsables de l'histoire de France, nous sommes comptables de cette histoire. Comptable de son passé glorieux et honteux, comptable des réussites, mais aussi des échecs. " " En devenant Français, on choisit la France dans sa totalité, et pas seulement ce qui nous arrange. L'histoire des peuples se construit aussi avec de la violence, des scandales et des erreurs. Il n'y a pas que les lumières, il y a aussi les ombres. On ne peut pas mettre la France au banc des accusés en s'excluant de la communauté nationale, car la France, c'est aussi nous. " (...) Je veux rappeler, martèle-t-elle encore, aux descendants des colonisés, dont je fais partie, qu'il faut apprendre à vivre sereinement avec cette histoire-là, dépasser les rancœurs. Il faut tenir un discours responsable par rapport à notre jeunesse. J'ai entendu une élue dire que la langue française était une langue de guerre. Là, je suis intimement blessée. L'identité d'un être humain n'est pas seulement ethnique, elle est aussi linguistique. Attaquer la langue française, c'est m'attaquer. M'attaquer dans ce que je suis. Je suis une Afro-Française qui pense, rêve, écrit en français (...) Le français est une langue conquérante qui a été remodelée, s'est enrichie, avec d'autres formes de pensée, d'autres sensibilités, d'autres sons..." Superbe. Merci, la lionne! - IMBONGI choisit d'ajouter le lien permettant d'accéder au site de Calixthe Beyala à ses "favoris" (à gauche, sous le sommaire.)
Autres sujets de notre rubrique IDEES: descendre dans la colonne, puis cliquer "page précédente", en bas. Autres rubriques: sommaire, en haut à gauche.
Bonne lecture! 23.12.05 04:13
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Le "plafond de verre" des PME européennes...
Pour libérer les PME européennes du "plafond de verre" qui les étouffe...
...Vers un Small Business Act européen
Décembre 2005
Objectif
Exempter les PME européennes du champ de l’Accord sur les Marchés Publics (AMP) de
l’OMC, comme le sont les PME américaines.
Pourquoi ?
Ceci permettrait aux pays de l’Union européenne de mener une politique volontariste en
faveur d’une meilleure participation des PME européennes, en particulier des PME
technologiques, aux marchés publics. Il serait ainsi par exemple possible de :
• fixer des objectifs PME aux grands acheteurs publics, au moins égaux aux résultats de
l’année précédente,
• réserver certains marchés, par exemple les petits marchés, aux PME,
• négocier avec les grands maîtres d’œuvre des objectifs de parts PME dans leur soustraitance.
Aucun de ces mécanismes n’est possible en Europe aujourd’hui à cause de l’AMP.
Et la concurrence ?
Ces mécanismes ont pour but de permettre la participation des meilleures PME aux marchés
publics. Aujourd’hui, ces entreprises, du fait de leur âge et de leur taille, subissent une
discrimination négative qui les exclut de ces marchés.
Extrait d’un rapport du gouvernement britannique sur les marchés publics (2005)
" La philosophie du gouvernement est que la concurrence devrait être équitable entre les
entreprises cherchant à gagner des contrats. Actuellement les pratiques du secteur public
pénalisent les PME car elles manquent de visibilité sur les besoins et les systèmes de
sélection les désavantagent injustement. Par conséquent, le secteur public est contraint de
se priver de fournisseurs efficaces, compétitifs et innovants. "
Quel enjeu ?
L’achat public en Europe représente 1500 milliards d’euros annuels. L’exemption des PME
américaines du champ de l’AMP leur permet de bénéficier de 100 milliards de dollars de
contrats fédéraux annuels. De tels marchés sont nécessaires pour permettre aux meilleures
PME européennes de percer le plafond de verre qui bloque aujourd’hui leur développement.
Où en est la négociation ?
La France et les Pays-Bas sont aujourd’hui les seuls gouvernements ayant pris position en
faveur de l’exemption des PME européennes du champ de l’AMP. La Commission
européenne, chargée de négocier l’AMP au nom des Etats membres, estime que cette
demande n’a pas été exprimée par suffisamment d’entreprises européennes et semblerait
préférer obtenir une meilleure ouverture des marchés publics américains aux grandes
entreprises européennes.
Contact Eric Jourdain +33 (0)1 45 23 09 39, jourdain@hitech-sme.com
" Les grandes entreprises existantes sont bien sûr indispensables à la santé économique de
l’Europe mais elles sont déjà mondialisées et profitables. Ce qui manque avant tout à
l’Europe, c’est que des PME se développent et viennent renforcer leurs rangs aujourd’hui
trop clairsemés. "
Bernard Charlès, Directeur général de Dassault Systèmes
" Il faudrait créer un Small Business Act européen. Il faut cesser de s’inhiber.
Bernard Carayon, Député
Je plaide pour la création d’un Small Business Act au niveau européen. C’est le sens de la
pétition que je viens de lancer auprès de mes collègues parlementaires, relayant ainsi
l’initiative du Comité Richelieu. "
MEDEF
Le MEDEF propose de réserver aux PME une part des achats publics de technologie, sur le
modèle du SBA américain.
Jean-Hervé Lorenzi, économiste
Quant au Small Business Act, il faudrait enfin passer à l’action. Il n’est pas difficile de le
rendre compatible avec les exigences communautaires.
Que faire ?
Signer et faire signer la pétition en faveur du SBAct européen : www.euroSBA.org
Si vous êtes responsable d’une organisation professionnelle, nous contacter directement afin
que nous coordonnions une prise de position envers les responsables concernés, tant au
niveau national que communautaire.
Eric Jourdain Contact Eric Jourdain +33 (0)1 45 23 09 39, jourdain@hitech-sme.com
+33 (0)1 45 23 09 39
jourdain@hitech-sme.com
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Premiers signataires de la pétition en faveur d’un Small Business Act européen
Décembre 2005
Sophian Abbou, Etudiant HEC Montréal. S. Aboab, Iraten Solutions. Nicolas About, Sénateur. M. Adam,
Futurtest. Philippe Adnot, Sénateur. Antonio Albert, Skysoft. José Alcorta, Centre Technologique Rescoll.
Jean-Pierre Alfano, Ideamech. (...) Farouk Amarouche, Techsoft. (...) Philippe Arnaud, Sénateur de la Charente. Jean Arthuis, Sénateur. Erwan Arzur, (...) Nicolas Barbarot, Natexis Banque. (...) René
Beaumont, Sénateur de Saône et Loire. June Beddows, Intranet Ltd. (...) Hicham Belmejdoul, HTTPSECUR-IT. (...) Laurent Beteille, Senateur de l'Essonne. (...) Jean Bizet, Sénateur de la Manche et Président du Groupe de Travail "OMC" du Sénat. Philippe Blot-Lefevre, Anpe. (...) Alain Boulesteix, Bull. Olivier Bourdin, Winwise. David Bourguignon,
MASA. Ch. Bouscharain, Bouscharain. Kader Boussaha, NANOBIOTIX SA. (...) François Challeil, Notaire. (...) Yann Chapellon, Le Monde Interactif. (...)Christophe Chausson, Chausson Finance.(...) Sandra Combet, Ihesi. (...) Alexandre Coutant, Association des Sociétés de Services en Logiciels Libres. Tom
Croguennec, Highdeal. Colin Crombac, FRIDAY INGENIERIE SAS. Jean Paul Cruse, Journaliste Indépendant.(...)
Nicolas de Bellefon, Conseiller du Commerce Extérieur de la France. (...) Victoire de Maleville, Enseignante.(...)Joseph Dumetz, CEA.(...) Grzegorz Gromada, Wroclaw Centre for Technology Transfer.
Philippe Gros, ex ADP télécom. Serge Grygorowicz, Rb3D. Ricardo Guedes, MEGAJOULE.(...)Hubert Haenel, Sénateur, président de la Commission des affaires européennes. (...) J.G. Hoursiangou, Triangle Technologies. Mikael Hult, Milt Ab. Agnès Iborra, Indépendante.(...) Eric Jourdain, Hitech Federation. Christine Kaszynski, Key Concept. Christine Kaszynski, Khiplus. (...)
Kovacic, Institute for Water of the Republic of Slovenia.(...) Thierry Lacaze, Publicis Groupe. (...) Francis Lalanne, Bluturtles.(...) Pierre Lasbordes, Député. (...)
Malo Girod de l'Ain, M2 Editions. (...)
Jean-Marc Merialdo, Dassault Aviation. Sylvie Meric, Esterel Technologies. (...)Loïc Michel, Thales. (...) Giao Nguyen, Personnal. Laurent Nicolas, Nielsen. Thibaut Normand,
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Paris Region Economic Development Agency. Charles Nouyrit, ALogic. Régis Novi, Mailinblack. Knut O.E.
Pankrath, Ubkmu. Bernard Ochs, Esprits d'Entreprises. Sébastien Ollier, Solea Conseil. G. Ortis, ALKANTE.
Marc Oziol, Visu in situ. Romain Pagniez, Renault Sas. Jean-Pierre Panaget, Esys, S.L.. Denis Pansu, Fing.
Nikos Pantelelis, Synthesites. Gael Paquet, Isotools. Sascha Pareigat, three aces.de. C. Parent, . Estelle
Parenteau, Edf. Yves Paturel, Ixsea. Didier Pautard, Consultant indépendant. Jean Payerne,
KalytiaTechnology. J. Peguet, Ecole Centrale de Nantes. Thierry Pelikan, Lambda Sas. Robert Pélissier, ESO
Technologies. Jean-Pierre Pellegry, iPharos. Paul Perdrieu, NOHETO. Antoine Perier, Cardinal Systems.
Jean Perier, Commissaire aux Comptes. Claude Perigaud, Projet Plus. Guillaume Perret, BRED. Alain
Perreur, Syndicat Professionnel Mesure et Test Simtec. J.L. Perrier, Bouygues Telecom. Olivier Peschard,
Cabinet Gaudino. Patrice Peyret, Mobile 365. Mathot Philippe, Vice-Pt du Conseil général des Ardennes. J.P.
Picard, Cabinet J. Picard. Marie-Andrée Piedallu, Inra. Marc Piel, Interdesign®. Claude C. Pierre,
Vision,Stratégie & Moyens Sarl. Jean-Francois Pineau, Albedo Technologies. J.P. Pipaud, Alteris. Alberto
Pistocchi, GECosistema srl. J.M. Planche, Witbe. Vincent Planchenault, EJ2P. A. Plouzeau, Interfas. Marek
Põldeots, Softronic Baltic As. Karra Poleganova, www.berlinstartup.de. Karra Poleganova, jhi production. Jean
Pollard, Bioret. Alexander Polonsky Polonsky, Cognium Systems SA. Mr. Joan Pons, QUALITEASY
INTERNET SOLUTIONS,S.L.. Pierre Pontevia, Kynogon. Porte Porte, PREMIUM CONTACT. Pierre Potet,
Cedip Infrared Systems. Erick Pouilly, Evolem. Dominique Pouliquen, Realviz. Dominique Pouliquen
Pouliquen, REALVIZ. François-Luc Prat, Solstis. M. Predal, Oryx si. Martin Querleu, Effisys. Laurent Raison,
Comptanoo. Christophe Ralite, Sylis. M. Rassak, microferma. Pascal Raud, Sétra. Philippe Recouppé,
Cogicom. Klaus Reimüller, trinitec IT Solutions & Consulting GmbH. Rémi Rémi, . Toudic Rémi, Paris 1.
Pierre Rémy, Rothschild. Stephane Renard, Tronic's Microsystems. Jean-Pierre Renault, Esterel Technologies.
Guy Renault, Etablissement financier. Stephane Rendard, TRONIC'S Microsystems. Eric Renterghem, Lerc
S.A.. Philippe Revilliod, CNES. Johan Revillon, Exaprotect Technology. G. Riboud, Sageis Cso. Francois
Ribour, AXS Analyse de Structures. Grégory Richa, HOP Centrale start up. Jean-Luc Rieger, JLR
Développement. Ana Rito, indépendante. Didier Ritter, Skuld-Tech. J. Robberecht, Broadcast Avenue. C.
Robby, robby. c. ltd. Tim Robertson, M Carré Design Inc.. Michel Robiolle, JESSICA FRANCE. Benoit Roche,
Indépendant. Didier Rochereau, Reportive. Alain Rodermann, Sofinnova Partners. Carlos Rodriguez, HES. S.
Roeslin, Cetehor. Laetita Roi, berlin*startup.com /Paris. Pierre Roithenburger, Rothenburger Conseil. Jean
Marc Rolland, AGENCE EURONIXA GEIE. Hélène Rolnik, Membre D'Acrie Réseau National. François Romet,
Lerc Sa. Francois Rosala, Adveotec. Philippe Roser, R&D Project Managing. Jean-Michel Rosset, Eloquant
SA. Alessandro Rossi, Core. Benoit Rostagni, Exaprotect Technologie. Nikolopoulou Roubini, Kynogon.
Claude Rouffilange, . François Rougeolle, Cabinet Rougeolle. M. Roulon, -. T. Rouquet, Arkoon Network
Security. Nicolas Rousseaux, Mediation. Philippe Roussel, Arkeia Sa. Thierry Roux, Symetrie. Philippe Roy,
Delia systems. Dr. Philippe Royer, Cabinet K/Shaping. Christian Russ, Configworks. Philippe Saenz, Atis.
Michel Safars, INRIA-Transfert. Pierre Sagnieres, @Ctis-Ingénierie. Fahim Saidi, Unit'Consult. M. Santran,
Oratis. Jean-Luc Saouli, Lyria. Sylvie Sassi, Ephi-Formation. Gabriele Saucier, Design And Reuse. Marcel
Saussay, Prosilog S.A.. Jean-Michel Sauvage, Sntp/Local TV Association. Richard Schittenhelm, indépendant.
Jl Schwab, Friday. Franck Sebag, Ernst & Young. M. Seres, IncubateurMiPy. Thierry Servat, Clearsy. Michael
Setton, Cyberfab. Philippe Silberzahn, Digital Airways. Rui Silva, Instituto Superior Técnico. Helder Silva,
Sputnik Software E Tecnologias Lda. Stéphane Silvente, AFFICHEM. Hélder Simões, Novabase. Roger
Simon, Sistech S.A. / Thegreenbow. Laurent Simon, Stratic. Patrick Smarzynski, Opendoor. Erwin Smole,
Smole Energy Consulting. Robert Soares, DA-LightCom S.A.. J.F. Somme, Acmel Industries. Rudi Sordes,
Www.Premieracte.Fr. Soumeillan Jacques Soumeillan, ACCESS COMMERCE. Fabrice Sourdonnier, Cognix
Systems. Françoise Soussaline, Imstar S.A.. Mary Spaeth, East Sweden Development Agency. Jean-Philippe
Stefanini, emertec gestion. Jean-Paul Steinitz, Businessline. Nicolas Steinmetz, Clever Age. Johnny Stoa,
Corena Norway As. Birgitta Stolze, Stolze Science & Business Consulting. M. Strauch, articque SA. Florent
Stroppa, Voxmobili. M. Sturm, Afocel. F. Tack, Melles Griot Industrie. Stefan Tar Kovacs, Créateur d'entreprise
innovante. Hubert Tardy, indépendant. Christophe Tavernier, AGENCE EURONIXA GEIE. E. Tesson, Clipack.
André Teste du Bailler, retraité. C. Therezien, La Ronde des Creches. M. Thibierge, EM-Lyon. Francois
Thierart, Spring Technologies. Hubert Thomas, Acsa. Jérôme Thomas, Ambition Stratégique. Bernard
Tomasini, SYSTELIA Technologies. Marc Tombroff, Numeca. Richard Toper, Setec Telecom. M. Tordeux,
Genoscreen. Julien Touche, -. Christophe Toudic, Xmweb. Christophe Toudic, XMWEB. M. Toutain,
Solutions Internet. François Trocme, AGREPI. Ingrid Ulst, European Investment Bank. P. Vabre, FOGALE
nanotech. Evelyne Vacherias, EMERTEC Gestion. Laurent Van Nifterik, OSEO anvar. Manuel Varandas,
Bergfone. Thierry Vareine, Vaco Microtechnologies. Eric Varszegi, ip-label. X. Vaucois, Kankoon S.A.S..
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Xavier Vaucois, Kankoon S.A.S.. Frédérick Vautrain, Isthma. Pascal Veillat, Meusonic. Fabrice Venerati,
Venerati.Org. Inge Verkleij, Protegrity. Laurent Vermot-Gauchy, Exclusivities. Jean-Luc Verschelde,
Language and Computing. Christophe Vestri, Imra. M. Viel, Viel & Associés, Courants Porteurs Bretagne.
David Vilanova, Actigenics. Benoit Villemain, Aeta.Com. Antoine Villette, Darkworks Sa. Dominique Vinay,
Active Circle. Jean-Paul Vincent, Centre Technique du Papier. Paul Vincent, Portix Organisation. Jean-Paul
Virapoullé, Sénateur de la Réunion. Emmanuel Vivier, Creadrive. François Vix, Isocell Sa. Elisabeth
Vrtipraski, Consultante Indépendante. Reinoud Weijman, Aet Europe. Frank Weiser, LGM. Erica Wetterlow,
AGENCE EURONIXA GEIE. Flick Wheeler, Steeple Software Services. Rik Whitehouse, Acumen Business
Systems Ltd. Larry Williams, Aerial. C. Williamson, Meito. Olivier Wittebroodt, Exedis. C. Woler, Neuro3D.
Frank Yates, Hospital. Jaqueline Ysquierdo Hombrecher, Veillesud Veille France IE. Claude Yvan, AGENCE
EURONIXA GEIE. Dr. Zyed Zalila, Intellitech [Intelligent Technologies]. Jaouad Zemmouri, Osyris. Eric Ziegel,
AGENCE EURONIXA GEIE.
Organismes ayant décidé de s’associer à la pétition
Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC),
Association Nationale de la Recherche Technique (ANRT),
Association des Sociétés de Services en Logiciels Libres (ASS2L),
Capintech,
Centrale Start Up,
Club Supélec Entrepreneurs,
Coach'Invest,
Comité Richelieu,
Croissance Plus,
Fédération européenne des PME de haute technologie,
Femmes Business Angels,
Finance & Technologie,
Filière électronique et numérique française (FIEN),
Fondation Internet Nouvelle Génération (FING),
Groupement des Fournisseurs de l'Industrie Electronique (GFIE),
Incubateur Midi-Pyrénées,
Silicon Sentier,
SIMTEC (Syndicat Professionnel Mesure et Test),
Syndicat National des Entreprises de Sous-traitance Electronique (SNESE).
Les autres infos de la rubrique "IDEES" d'IMBONGI, et notamment: " Quand le site musulman Oumma.com réfléchit (sur) Gérard de Nerval...Superbe! "...: descendre dans cette colonne, puis cliquer page suivante.
Autres rubriques: sommaire, en rouge, en haut, à gauche...Bonne lecture!
21.12.05 18:32
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Oumma.com: NERVAL!
Quand le site musulman Oumma.com réfléchit (sur) Gérard de Nerval...Superbe!
ATTENTION: LECTEURS, SOYEZ MALINS, NE PERDEZ PAS VOTRE TEMPS A LIRE LES PUBS POLLUANTES, PRO-SARKO LA RACAILLE ET PRO ISRAEL, ETAT CRIMINEL. ELLES SONT CONTRAIRES AUX VALEURS D'IMBONGI: LA DISTINCTION, LE RESPECT, L'ANTI-RACISME...
(Capté sur le site oumma.com (Brut de décoffrage: magnifique initiative! Merci Oumma)
Gérard de Nerval ou le rêve et la vie
Une pièce de Fatiha Dahmani
mercredi 14 décembre 2005
France culture commémore le 150ème anniversaire de la mort de Gérard de Nerval du 19 au 25 décembre 2005
Cette pièce de théâtre retrace les quelques jours qui ont précédé le suicide de Gérard de Nerval le 22 janvier 1855 rue de la vieille lanterne à Paris.
Interné alors dans la clinique d’aliénés du fameux Dr Blanche, Nerval se confronte à celui-ci. Il prône le rêve et l’imaginaire, son désir d’Orient alors que Blanche tout en le soignant tente de le ramener à la réalité brutale de son établissement. Franz Liszt, son ami musicien devenu prêtre lui rend visite et lui apprend qu’ils ne réaliseront plus l’opéra de la Reine de Saba, cette obsession artistique qui n’a jamais quitté Nerval. Il ne lui reste plus qu’à quitter ce monde pour un Orient imaginaire et définitif. On le retrouvera pendu dans une impasse sordide, un passeport pour l’Orient dans une poche de sa veste. Les derniers mots connus du poète le sont en direction de sa tante : « Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera blanche et noire »
L’œuvre de Nerval est aussi vaste que profonde. Malheureusement elle reste assez méconnue alors qu’elle traite de sujets aussi fondamentaux que celle de la question de Dieu, du statut du rêve et de la réalité ; de l’altérité, celle à laquelle s’est confrontée toute la génération romantique : l’Orient arabo-musulman.
Sera diffusée sur France culture (93.5 Mhz ) :
MARDI 20 DECEMBRE 2005 à 21h.
Lu le 16.12.2004 au théâtre du Rond-point par Gérard Depardieu, Richard Bohringer,Françoise Arthaud, Mess Hattou et Jacques Leplus.
Expérience artistique de Fatiha DAHMANI :
2005 : Projet d’une série télévisée (format 52mn) :La clinique du Dr Blanche ( premier épisode : Nerval) (Obtention de la bourse d’écriture Beaumarchais-2005)
2004 : Ecriture d’une pièce de théâtre (Editions de l’Amandier) :Nerval ou le Rêve et la vie (Création/diffusion radiophonique par France-Culture/décembre 2005)
(Lecture publique par Gérard Depardieu et Richard Bohringer au théâtre du Rond-point)
2003 : Ecriture d’un premier long-métrage : Gérard de Nerval (Sélectionné au Festival De l’encre à l’écran-2005)
(Présélectionné aux Trophées premier scénario/CNC -20004-)
2002 : Ecriture d’un projet d’animation pour une série télévisée : Abraham et Mouloud (Aide à l’écriture CNC/Région Poitou-charentes)
2001 : Collaboration à l’écriture du scénario : Le fils du Dieu de l’orage (Adaptation du roman d’Arto Pasalina avec P.Grandperret- Babylone Production)
1995 : Ecriture, Mise en scène et Production d’une pièce de théâtre : Le Dernier espoir (Prix du 1er Festival du théâtre charentais à Angoulême)
1991 : Ecriture et Réalisation d’un court-métrage (8 mm) : La Barque
Suite de la rubrique "Décalage, idées, etc", lire ci-dessous et cliquer page suivante, en rouge, en bas
16.12.05 22:01
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