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La Mondialisation, c'est terminé. Changement d'époque...
" La mondialisation, c'est terminé! "...
Le coup de tonnerre du 11 septembre 2001 ne sonnait pas seulement la fin de la "mondialisation heureuse" rêvée par Alain Minc et ses amis atlantistes du "Cercle de la Raison", et du quotidien... Le Monde - ou de ce qu'il en reste....
En fait, les Boeing projetés comme autant de missiles contre les tours orgueilleuses du "Centre du Commerce Mondial" (World Trade Center) sifflaient la fin de la "mondialisation" tout court..."Heureuse", ou malheureuse...
Signe de faiblesse et de fragilité d'une Empire de papier mâché, ouvert aux quatre vents des haines qu'il a semées, du nord au sud, et d'est en ouest, et jusqu'au plus profond des vallées de l' Hadramaout, au coeur - yemenite - de l'Arabie heureuse, cette castration hautement symbolique scandait la fin d'une ère.
Cymbales d'apocalypse pour un "nouvel ordre mondial" mort-né, puni pour son péché d'orgueil, les Boeing-Tomahawk hurlaient, en plein ciel, l'échec cataclysmique de la stratégie des prétendues "élites" intellectuelles et financières.
Les (autoproclamés) "maîtres du monde avaient rêvé, tout haut, et fort, d'une forme inédite de colonialisme, de dictature... IIs avaient entrepris de détruire, partout, les protections et les frontières... Au prix de la liquidation du principe même d' Etats-nations indépendants - de tout Etat-nation indépendant sauf un, les Etats-Unis d'Amérique. Ou un et demi, en comptant leur indéfectible allié et collaborateur, Israël.
Mais ce n'est pas " le terrorisme ", et encore moins le " terrorisme islamiste ", qui a mis fin aux rêves de Minc, des gens de Wall Street, et des intellectuels résiduels de la sous-culture journalistique et du parti mondial unique, " liberal-socialiste ".
Comme souvent dans l'Histoire, les flammes, le sang, les morts sont avant tout des signes. Le symbole et le symptôme d'un changement d'époque coïncidant, à peu de choses près, à un changement de siècle, et même, pour l'occasion, de millénaire.
Sur " La Mondialisation: vie et mort d'une idéologie ", le magazine Courrier International, qui en fait sa Une, publie cette semaine deux analyses pénétrantes, celles de deux journalistes d'Amérique du Nord, le canadien John Ralston Saul (Vers l'équilibre, Payot, 2003), et l'AméricainJohn Gray, de la New York Review of Books.
(Lire l'article brut de commentaire: http://www.courrierinternational.)
Avec beaucoup de culture, de finesse et d'ironie, Gray présente son confrère Thomas Friedman, éditorialiste du New York Times, maître à penser de Minc, de Serge July, et de tant d'autres, et l'un des principaux idéologues de la "mondialisation", comme un héritier pervers... du malheureux Karl Marx.
" A l'instar de Marx, écrit-il, Friedman est persuadé que la mondialisation n'est au bout du compte compatible qu'avec un seul et unique système économique, et, comme Marx, il pense que ce système permet à l'humanité de tourner le dos à la guerre, à la tyrannie et à la pauvreté..." (...)
" Les "libéraux", poursuit-il, "s'accordent à penser que le libre-échange est la source même de la liberté humaine...(...) Mais en réalité, "ils ont repris les arguments les plus faibles de la pensée de Marx, notamment une tendance systématique à sous-estimer les mouvements nationalistes et religieux et une vision unidirectionnelle de l'Histoire..."
En fait, souligne Gray, "depuis deux-cents ans, la propagation du capitalisme et de l'industrialisation est allée de pair avec la guerre et la révolution. (...) - " Qu'est-ce qui peut faire penser (...) qu'il en irait autrement au XXI ème siècle? "
- " La réponse tient en partie à l'AMBIGUITE INHERENTE AU CONCEPT DE MONDIALISATION.
Le débat actuel associe en général deux idées différentes: celle selon laquelle nous vivons une période d'innovation technologique rapide et soutenue, qui a pour effet de relier plus largement et plus vite qu'auparavant les événements et les activités d'un bout à l'autre de la planète; et celle selon laquelle ce processus débouche nécessairement sur un seul et même système économique, valable pour le monde entier. "
" Si la première proposition, empirique, est vérifiée, la seconde n'est qu'une assertion idéologique qui ne repose sur rien. Et, comme Marx, Friedman confond les deux. En soi, la mondialisation (...) n'inaugure pas d'une fin du nationalisme ou des rivalités entre grandes puissances. En réalité, elle crée de nouvelles puissances, et c'est pour cette raison que la Chine et l'Inde s'y sont ralliées."
Mais, et c'est là, véritablement, que le journaliste canadien fait preuve d'une originalité pénétrante, d'une haute culture, et d'une indépendance d'esprit remarquable, John Gray ne succombe pas, à ce stade de son analyse, à la tentation chère aux beni oui-oui de l' " altermondialisme ", qui, acceptant, en fait, la mondialisation dans son principe, la mettent dans le même sac que ce qui lui résiste. En fétichisant et en diabolisant "le nationalisme"...
En effet, écrit Gray, " les néo-libéraux interprètent la mondialisation comme un phénomène motivé par la recherche de gains de productivité, et le nationalisme est à leur sens une sorte d'arriération culturelle qui sert surtout à ralentir ce processus. Pourtant, le décollage économique du Royaume Uni comme celui des Etats-Unis a eu lieu dans un climat de nationalisme exacerbé, et la résistance nationaliste à la puissance occidentale a largement stimulé le développement du Japon à l'ère Meiji. "
C'est bien, en réalité, insiste Gray, "le nationalisme" qui "a favorisé la croissance rapide du capitalisme au XIX ème siècle et au début du XX ème. " Et il joue le même rôle en Chine et en Inde aujourd'hui. "
" Ces deux pays sont entrés dans le jeu de la mondialisation non seulement parce que celle-ci ouvre des perspectives de prospérité, mais également parce qu'elle constitue une occasion de contrer l'hégémonie occidentale. Et plus la Chine et l'Inde conforteront leur position de grandes puissances, plus elles exigeront la reconnaissance de leurs culltures et de leurs valeurs particulières, ce qui contraindra les institutions internationales à se réformer pour rendre compte de la légitimité d'une diversité de modèles économiques et politiques (...) Les prétentions universelles des Etats-Unis et des autres pays occidentaux seront alors remis en cause et l'équilibre mondial des pouvoirs changera."
Un NATIONALISME, donc, de résistance effective à la mondialisation. Un NATIONALISME POSITIF. Qui, sans remettre en cause le système capitaliste en tant que tel, s'oppose au cœur de sa logique d'époque - aux visées hégémoniques, totalitaires, de l'Empire dominant - ou se prétendant tel - camouflées sous l'étendard de l' "incontournable " mondialisation du monde...
En effet, poursuit l'auteur, " il ne s'agit pas seulement de la Chine (ou de l'Inde "
(...) " En réalité, la résistance nationaliste à la mondialisation domine davantage dans les pays avancés, tels que la France, les Pays-Bas...et les Etats-Unis, que dans les économies émergentes. Friedman lui-même s'inquiète de l'impact des délocalisations sur l'emploi aux Etats-Unis, et l'administration Bush se montre de plus en plus protectionniste dans sa politique commerciale. (...) " Le nationalisme américain ", conclut Gray, constitue peut-être déjà un frein à la mondialisation, alors qu'il en serait plutôt le moteur dans les pays asiatiques en voie d'industrialisation."
- Mais qu'est-ce, ou plutôt qu'était-ce, en fin de compte, que la-dite "mondialisation "? Pour John Ralston Saul, du " Harper's Magazine ", publié lui aussi par "Courrier ", la "mondialisation" ne constitue, dans l'histoire des idéologies, et donc, de ce fait, dans l'histoire du monde lui-même, qu' une vaste PARENTHESE...
" Les grandes théories économiques durent rarement plus que de quelques décennies (...) Au-delà de ce laps de temps, seule la force militaire permet de les maintenir en place. (...) A en croire ses adeptes, la mondialisation était inéluctable, c'était une divinité toute-puissante, fondée sur une Sainte Trinité: prospérité des marchés, techniques infatigables et management sans frontières. "
Or, " l'inéluctabilité, c'est ce qui est toujours invoqué pour justifier les idéologies en déroute (...) Le pouvoir de l'Etat-nation allait décliner au profit des marchés mondiaux. (...) La libéralisation allait rapidement conduire à des équilibres internationaux insensibles aux aleas des anciens cycles (...) La prospérité des marchés allait transformer les dictatures en démocraties... Tout, dans cette évolution, devait freiner le nationalisme irresponsable, le racisme et la violence politique... L'économie mondialisée créerait la stabilité grâce à des entreprises toujours plus grandes et à l'abri de la faillite... De ces multinationales devait émerger le nouveau leadership international, libéré de tous les a-priori politiques locaux. L'émergence du pouvoir des marchés et le déclin de la politique nationale mettraient fin à l'endettement public. Avec des Etats jamais plus déficitaires, nos sociétés seraient définitivement stabilisées. Bref, les forces économiques mondiales, laissées libres, devaient nous protéger des erreurs engendrées par les orgueils locaux et apporter la prospérité et le bonheur pour tous. "
Words...
En réalité, " la mondialisation est née, dans les années 70, de cette sorte de vide qui apparaît chaque fois qu'une civilisation amorce un changement de direction, cherchant à tâtons un chemin pour aller d'une époque à une autre. (...)
" La nouvelle ère s'annonçait déjà, avec un présage tout-à-fait burlesque:la création en 1971, dans un village des Alpes suisses appelé Davos, d'un club regroupant les principaux dirigeants d'entreprise " (du monde).
" Réunis là, ces dirigeants allaient pouvoir observer la civilisation par la lorgnette du business. (...) Tous, industriels, politiques et théoriciens confondus, semblaient accepter le dogme central de Davos: l'intérêt général n'est que le sous-produit des échanges, de la concurrence et des intérêts particuliers. "
(...) " Mais le véritable lancement de la mondialisation remonte à l'effondrement économique de 1973 - la crise fantôme (...) une ribambelle de récessions toujours minimisées, toujours en instance de réalisation (...)
La nouvelle idéologie intégrait une stratégie exhaustive appelée
" mondialisation ", avec une réponse à chacun de nos problèmes
(...) " Cela faisait près d'un an que Giscard luttait contre la crise lorsqu'il est apparu à la télévision pour dire aux Français que de grandes forces mondiales, bien sûr inéluctables, étaient à l'œuvre. Pour cette raison, il ne pouvait pas faire grand chose. Les Etats-nations étaient impuissants. "
" Ce n'était que le début de la mode des déclarations publiques d'impuissance chez les dirigeants démocratiquement élus. La mondialisation est devenue pour eux une excuse pour ne pas traiter les questions difficiles et ne pas mobiliser leur pouvoir et leurs budgets de façon efficace. La mondialisation a eu de brillants défenseurs, avec à leur tête Margaret Thatcher (...) Une foule d'expériences ont été menées dans le monde entier: compression de la fonction publique, dérégulation des services publics et privés, ouverture des marchés, allégements d'impôt, équilibrage des budgets. Grâce à d'incessantes fusions, les entreprises se sont mises à grossir, le gigantisme étant considéré comme la condition du succès sur le nouveau marché mondial. Les échanges ont été multipliés par 20. L'intégration économique européenne s'est accélérée. Le Canada et les Etats-Unis, puis le Mexique, ont signé l'Accord de Libre-Echange Nord américain (ALENA). (...)
" Les sociaux-démocrates et autres " progressistes " sont devenus eux aussi des " mondialistes ", mais d'un genre plus poli, plus gentil. Comme dans un accès de moralisme, les gouvernements successifs ont renoncé légalement à leur droit de s'endetter ou de créer de nouveaux impôts, deux prérogatives pourtant essentielles et indispensables à la construction de l'Etat et à la préservation de la démocratie. La dette publique devenait un péché, qualificatif bientôt appliqué aux services publics. Qu'ils fonctionnent bien ou mal, tous devaient être privatisé et déréglementés, pour devenir à leur tour un seul marché mondial débarrassé de toutes ces tares spécifiques aux services publics. (...)
" Pendant 250 ans, , la difficile construction de l'Etat-nation moderne avait reposé sur un rééquilibrage constant des règles contraignantes entre bien public et intérêts particuliers. Subitement, par un simple transfert de pouvoir économique au marché mondial, l'équilibre était rompu. Voilà donc le pouvoir économique dénationalisé et les multinationales capables d'accumuler davantage d'actifs financiers que la plupart des Etats-nations. (...)
" Ces 25 années atteignirent leur apogée en 1995 (...) La création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) n'avait pourtant rien d'exceptionnel (...) Mais tout était dans le contexte:la nouvelle conception de la civilisation, à travers le prisme de l'économie, avait atteint le point de non-retour (...) La culture ne serait plus qu'une question de réglement industrielle; l'alimentation, juste un sous-produit de l'industrie agro-alimentaire."
" L'attention de l'opinion publique mondiale fut plus particulièrement retenue par un point: les réglementations nationales sur l'alimentation et la santé cesseraient d'être l'expression d'un peuple soucieux de ce qu'il mettait dans son grand estomac collectif pour n'être plus vues que comme des réactions protectionnistes - à moins que des preuves scientifiques en béton ne puissent être apportées. Mais, face à de grands problèmes comme la maladie de la vache folle, l'accès aux médicaments dans les pays en développement ou le réchauffemeent climatique, de plus en plus de citoyens commençaient à comprendre que ce qu'on leur présentait comme une lutte entre mondialisation et protectionnisme n'était rien d'autre que la confrontation désordonnée du choix individuel et d'intangibles intérêts commerciaux..."
- Ici se situent, pour un observateur français, l'espace ouvert à l'Asterix moustachu du Larzac, coqueluche du "Non de gauche" à la "Constitution Européenne", l'étrange José Bové: partisan de la "souveraineté alimentaire", mais hostile, jusqu'au referendum du 29 mai, en tout cas, au souverainisme économique et politique...Contradictions, qui sont aussi celles de beaucpup de ses amis "altermondialistes" (gauchistes), prompts à combattre, jusqu'au 29 mai toujours, en tout cas, la "mondialisation liberale" - et pas la "mondialisation" en tant que telle. Au nom d'une lutte symétrique contre la-dite "mondialisation liberale" et contre le "nationalisme", mis dans le même sac, et jugé, par Krivine comme par Georges Soros, July, Plenel ou Minc, invariablement négatif, voire satanique.
Comme si Jean Moulin, De Gaulle, Nasser, Ben Bella, Ho Chi Minh, Mao ou Arafat, n'avaient pas été des "nationalistes positifs", des libérateurs de leur nation et de leur peuple, contre les logiques d'empire auxquelles ils se trouvaient confrontés...Et non des oppresseurs!...Pseudo-marxisme ossifié, fétichisme des concepts, pensées mortes, nulles, infécondes...
- " Les populations, reprend, pour sa part, Ralston Saul, n'ont pas tardé à découvrir les autres contradictions du dogme mondial. Comment une seule et même idéologie peut-elle à la fois promettre la croissance planétaire dans la démocratie et le déclin du pouvoir de la nation? Car la démocratie ne peut exister que dans un pays: affaiblir l'Etat-nation, c'est affaiblir du même coup la démocratie."
- Souveraineté: démocratie! Ce lien pourtant très simple, toujours aujourd'hui méconnu, en France, et en Europe, commencerait-il à être (re-)découvert aujourd'hui outre-Atlantique? Avant que cette (re)découverte ne (re)franchisse le Grand Océan, et ne nous revienne - donnant raison au véritable inter-nationalisme, celui des êtres libres qui pensent librement, par delà les barrières et les frontières?
- " Trois phénomènes, pourtant, observe avec justesse Ralston Saul, indiquaient clairement que la mondialisation n'allait pas tenir ses promesses. Primo, le mouvement en faveur de la "concurrence vraie" était essentiellement emmené par des professeurs, consultants et technocrates, autrement dit des technocrates du privé (...) Secundo, la conception des multinationales comme nouveaux Etats-nations virtuels négligeait un point essentiel. Les ressources naturelles sont géographiquement localisées dans des Etats-nations. Les consommateurs vivent sur un territoire réel, dans des endroits réels que l'on appelle des pays (...) Enfin, la nouvelle conception de la dette (public contre privé, pays industrialisés contre Tiers-Monde) révélait une funeste confusion (...) A la fin du siècle, il était devenu évident que le nationalisme et les Etats-nations étaient désormais plus forts qu'au début de la mondialisation. (...) Les dirigeants nationaux les plus observateurs constataient que la mondialisation manquait à ses engagements. "
" Parmi ces manquements, le plus manifeste était la faillite des mécanismes de la dette et des prêts internationaux. Pendant une brève période, l'approche punitive du FMI avait semblé porter ses fruits. Les gouvernements latino-américains s'efforcèrent, durant une dizaine d'années, de suivre les instructions élaborées par le FMI, les gouvernements occidentaux et les banques privées. Ils durent supporter la rigueur, qui, dans de nombreux cas, finit par produire une croissance apparemment solide, même si, dans le même temps, le fossé entre riches et pauvres s'était creusé. "
" Mais, partout, la reprise fut suivie, quelques années plus tard, par une crise encore plus grave. Il s'avéra qu'une si longue période d'austérité avait usé le tissu socio-économique au lieu de le renforcer. Après avoir subi toutes les libéralisations, toutes les privatisations, et tous les programmes de désinflation imaginables, l'Amérique latine à la fin des années 1990 avait un taux de croissance à peine supérieur à la moitié de ce qu'il était avant les réformes. (...) Bref, l'Amérique latine ne croit plus à la mondialisation, pas plus que l'Afrique ni une grande partie de l'Asie. La mondialisation n'a plus rien de mondial. De fait, la plupart des ministres des finances des pays occidentaux travaillent discrètement, depuis quelques temps, à une re-régulation partielle des marchés."
"En 1998, note encore justement Ralston Saul, c'est de Malaisie " qu'était venu " le premier signe évident de la fin de l'idéologie dominante. Tout à notre ferveur, nous n'avons vu dans la crise financière asiatique qu'un phénomène économique, c'est à dire soumis à la loi de l'inéluctable. Les Malaisiens, eux, y ont vu une crise politique nationale avec des conséquences économiques. Ils ont donc pris des mesures politiques et nationales, avec succès. Subitement, on s'est dit que les Etats-nations n'étaient peut-être pas à l'agonie. (...)
" Il y eut ensuite les attentats du 11 septembre 2001."
" Dès les jours qui suivirent, l'économie mondiale amorça sa dégringolade dans la crise. Les grands patrons baissèrent le nez dans leurs affaires, oubliant la gouvernance mondiale; soucieux, comme toujours, de réduire les risques, ils firent des coupes claires dans leurs programmes d'investissements, accélérant le naufrage économique." Et ce sont alors "les dirigeants politiques" qui ont dû se mettre "en branle". "Ils ont parcouru le monde, discuté, émis de la monnaie, sans oublier d'en dépenser beaucoup. Et ils sont parvenus à stabiliser la situation. Autrement dit, il y a eu une inversion des rôles soudaine et extrêmement visible. Les gouvernements des Etats-nations ont repris possession de la totalité de leurs pouvoirs, celui d'agir et celui de diriger, tandis que les patrons étaient renvoyés à leur rôle traditionnel d'acteurs secondaires."
En 2003, donc, au Forum mondialiste de Davos,"on félicite Mahathir" (le bouillant dirigeant nationaliste musulman de l'Etat Malais) "pour la réussité économique de son pays - due " (en fait)... " au rejet des théories économiques mondialistes!..."
"Il ne fait aucun doute, conclut Ralston Saul - qui ignore, toutefois, d'autres données majeures, comme l'increvable résistance de la lutte de libération nationale en Palestine, ou la puissance de l'insurrection patriotique en Iraq, autres signes de la mort de la "mondialisation", et qui ne commente pas non plus la montée en puissance de la Chine, toute tendue par une ambition de Renaissance nationale, matérielle autant que spirituelle, dont les fondements ont été construits, on l'oublie trop,par Mao et Zhou En LaÏ, avant que ne prospère, comme le deuxième, puis le troisième étage d'une fusée, la lignée des successeurs qu'ils avaient eux-mêmes mis en orbite...De Deng à Hu Jin Tao... "Il ne fait aucun doute, donc, conclut-il, " que le nationalisme (...) a fait un retour spectaculaire et inattendu. "
- " Inattendu?"...
6.10.05 20:58
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