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Florence Cousin: solidarité prolétarienne,provocations patronales, milice

Pour la journaliste Florence Cousin, alors au quarantième jour d'une grève de la faim qui fait l'objet d'un extravagant "black out" mediatique, la grève de solidarité des travailleurs du Syndicat Généraldu Livre et de la Communication Ecrite (SGLCE-CGT), dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 mars 2009, à la veille, donc, du printemps, a porté un coup très dur au journal de Rothschild.

Ce week-end, en effet, Libération prétendait organiser, à Rennes, un de ces colloques où le journal prétend encore se donner une image, progressiste et distinguée, d'éclaireur des nouvelles tendances...Le journal des "nouvelles tendances"...patronales n'est pas parvenu dans la capitale de la Bretagne.

Rothschild, alors,se venge. Et de la façon la plus basse qui soit.

Bien loinde la (grande) tradition de cette impitoyable dynastie des affaires, qui fut aussi, à l'occasion, mécène, ouverte sur les arts et la culture, "le petit Edouard" (un spécialiste du trot attelé, un peu perdu quand il s'agit d'idées, de livres, et de valeurs autres que boursières) fait donner ses vigiles, six malheureux prêts à accepter n'importe quel boulot pour croûter, qui déménagent en force, samedi matin, les bouteilles d'eau, les livres, les affiches et le lit de la gréviste, puis Florence elle-même, la chassant du"hall de la honte" où elle se consume, étincelante de dignité et de courage, depuis le 10 février.

Confinée dans un petit local de l'entrée, loin des regards des visiteurs et des "journalistes de la honte" (inconscients du fait qu'à se comporter ainsi comme des animaux, mâles et femelles, plus que comme des êtres humains dotés d'humanité, hommes et femmes, donc, c'est leur propre image, celle du titre lui-même, leur destin, leur sécurité, et leurs emplois enfin qu'ils fusillent), Florence continue son combat.

Elle n'est pas seule.

A ses côtés, toujours, Fatima, la déléguée CGT du journal, à qui la milice de Rothschild et de son valet Mouchard (dit Joffrin) ne peut tout de même pas interdire l'accès à son lieu de travail.

La fille de Fatima, Leïla, 9 ans, active elle-même dans le soutien à "patati et patata"(Florence,qu'elle connaît bien, et pour laquelle elle fait signer des pétitions dans son école et son quartier populairede Couronnes (Belleville), a assisté elle aussi au spectacle indigne des miliciens - ce ne sont plus des vigiles - virant avec obscénité la gréviste de la faim.

Leïla était accompagnée de son amie Zoïa, du même âge, témoin, elle aussi, comme une dizaine de militants de la CGT ou du Comité de Soutien accourus à la hâte.

On doit se demander maintenant quel est le sens réel, la signification politique, en profondeur, de cette étonnante succession d'événements - à commencer par le licenciement provocateur d'une élue du personnel fraîchement privée de sa protection juridique (non réélue après un changement de collège électoral); en continuant par les tentatives d' "acheter" la collaboration passive, puis active, d'une partie, minoritaire,  de la CGT (en contrepartie de quoi?); puis de jouer la Confédération elle-même contre son (puissant) Syndicat du Livre, fer de lance historique du service d'ordre confédéral comme de celui du Parti communiste,  mais aussi contre le Syndicat National des Journalistes CGT, solidaire de Florence comme l'intersyndicale SNJ-SUD-CGT du journal); et sans oublier les mensonges proférés par Mouchard (Joffrin) dans lescolonnes du journal, ou en coulisses;le silence organisé de l'ensemble de la presse, à l'exceptionde deux articles du Monde et de quelques lignes, très insuffisantes, dans l'Huma (cette consigne du silence, implacablement suivie,s'étendant jusqu'à Marianne, qui ruine aussi sa réputation, et au Canard Enchaîné (ou ce qu'il en reste).

On doit se demander maintenant si la tentative d'instaurer un nouvel ordre social aux relents pétainistes au sein de la presse française, en frappant d'abord au point faible (Libération) ou supposé faible (Florence) ne s'inscrit pas dans un dessein d'ensemble, aux enjeux dépassant même la branche (la presse).

Comme si, pour une partie du patronat (sous influence Rothschild), "la crise" offrait avant tout l'occasion de donner de puisants coups de hache dans l'édifice des relations sociales, à  l'échelle du pays tout entier.

Comme s'il s'agissait de démontrer aux yeux de tous qu'une entreprise appartient à son patron, détenteur d'un pouvoir absolu de type moyenâgeux. Qu'il peut y faire ce qu'il veut. En bannir qui il veut, comme il veut. Profiter d'un cancer pour se défaire d'une salariée contestataire,"coupable" d'avoir vaincu la terrible maladie, et de revenir, inchangée, rebelle.

Comme si à une grève de la faim - un acte digne et grave, mettant en jeu la vie et toute une conception de la vie - on pouvait aujourd'hui répondre,en France, comme la cynique Margaret Thatcher, à Londres, contre Bobby Sands et les siens, en 1981.

Comme si, enfin, la voie depuis longtemps ouverte des violences, des sévices et des meurtres commis contre les militants du mouvement ouvrier pouvait aujourd'hui s'étendre à une mère de famille de 48 ans, étendue sans défense et sans forces sur un lit de camp, ou à ses camarades.

A cette intervention odieuse d'une milice patronale souillant de son action obscène le ventre d'un journal encore appelé, mais pour combien de temps? Libération (né de la révolte contre l'assassinat de l'ouvrier Pierre Overney aux portes de Billancourt), les réponses ne peuvent plus désormais se limiter à une nouvelle grève, souhaitable, et probable, des ouvriers du Livre, à l'avant-garde du combat pour la démocratie, la liberté et la dignité humaine qui fut le leur à Charonne.

En restant mûrés dans un silence gêné, couard, hypocrite, Bernard, Olivier, Martine et Marie-George choisiraient d'entrer dans l'Histoire par la pire des portes. Mais ce n'est pas tout: ils doivent savoir que c'est à des forces radicalement nouvelles, des forces progressistes irréductiblement fidèles aux plus anciens serments, qu'ils ouvriraient alors un boulevard mille fois plus large que celui que l'actuelle situation, l'actuel scandale,qui perdure, et leur actuel silence,de fait, leur ouvrent.

22 mars 2009 Jean-Paul CRUSE

(Tout le dossier, et la pétition en ligne, à faire signer et à signer,  se trouvent sur le site ami le Monde Réel, http://www.lemondereel.fr, toujours accessible en ligne, mais actuellement bloqué dans son actualisation au quotidien par des problèmes de connexion,étranges.)

 

22.3.09 09:52


REBELLES LE PARTI DE LA BANLIEUE3

Par les bois et les collines, sous les aboiements des chiens policiers, le repli bien organisé de la "colonne d'attaque" - et, au gué d'une petite rivière, le baptême de la G.P.... A la "réunion de bilan" de l'opération de Flins, il me sera reproché,, d'avoir laissé se disperser le "groupe de porte", après l'entrée réussie dans la cour de l'usine - et d'avoir mal utilisé cette "force spéciale" au moment de la "castagne" générale. Je l'ai reconnu. C'était parfaitement vrai. Nous n'avions rien prévu pour le groupe, à ce stade. Très "service service", selon mon habitude, j'avais concentré toute mon énergie sur la mission qui nous était impartie, celle de "commando de porte" - et je m'étais complètement relâché, une fois l'essentiel fait. Me contentant, nous avons pu l'analyser sur le film inévitablement réalisépar J.P.O., de veiller au grain, en deuxième ligne, et de balancer une paire de mawashi geri trop rapides, et donc, peu appuyés, dans les basses côtes d'un fou armé d'une sorte d'énorme outil métallique qui ennuyait Jean-Pierre Liban. Ensuite, au moment de la sortie, dont nous avions décidé le moment, ensemble, on ne peut plus calmement - il nous restait peu de temps avant l'arrivée, prévue des "tuniques bleues", et l'encerclement de toute la "zone usine" - j'avais commis l' erreur, que, là, je me reproche, de laisser Olivier Rolin, "Antoine", maître de bal, faire demi-tour, tout seul, d'un coup, sans dire un mot et sans prévenir, quittant le groupe que nous formions ensemble, en arrière-garde, pour aller rechercher, au cœur d'une mêlée qui venait de se former, le "petit Maxime" de Massy... Traînant derrière, ce blondinet frisé mince et souple, d'apparence fragile, mais toujours sur les points chauds, s'était fait sérieusement "accrocher" par une bande de "petits-chefs" excités. Il a failli se faire lyncher. Olivier a entendu un cri, ou le bruit de coups. Il est retourné dans la mêlée, sans nous appeler, et l'a ramené - un bras cassé. Puis nous sommes partis, dans les prés verts, baignés par la douce lumière d'un après midi de printemps, aux portes de l'été, heureux d'avoir atteint notre objectif, pleins du souvenir de Gilles, et de son sourire - comme de ceux des ouvriers de l'usine, ravis de notre "come back" et surtout de la "tannée" infligée à leurs garde-chiourme, écho de celle que nous avions mise, ensemble, aux C.R.S., l'année d'avant... Vexé d'avoir raté Maxime, et Olivier, je fermai cette fois la marche, sûr d'être le dernier...Comme "U Cervu" l'a fait aussi, me révéla-t-il, à Ajaccio - je me laissai même un instant décoller, juste pour le plaisir de contempler le spectacle de la "colonne des 15O" serpentant au flanc d'une colline, à la recherche de notre "itinéraire de repli"... Un avion d'observation de la gendarmerie tournait au-dessus de nous. Nous nous sommes engagés sous le couvert d'un petit bois, pentu, pour le semer, tandis qu'à nos basques commençaient à retentir les aboiements des chiens-pisteurs tenus en laisse par leurs maîtres des premiers "escadrons de chasse" lancés à nos trousses. Aucun de nous n'oubliera jamais ces moments - du robinet trouvé aux portes d'une vieille ferme où, chacun à son tour, et dans le plus grand calme, nous nous sommes partagés quelques gorgées d'eau fraîche, au petit affluent de la Seine, peu profond, où pour larguer les chiens, nous avons pataugé jusqu'à mi-cuisse, courbés sous des branchages, sur quelques centaines de mètres, avant de changer de rive. Les filles tenaient le choc, brillamment, Olivier, grimaçant de douleur, serrait comme il pouvait son bras, et Geismar, surprenant de vitesse autant que de vaillance, trottinait sur ses courtes pattes comme un crack des paddocks au meilleur de sa forme... Un "pisteur" maladroit ayant perdu ses repères, nous avons raté le rendez-vous avec nos camionnettes, et c'est Alain, toujours parfait, donc, ce jour-là -il s'est "rattrapé" depuis...- qui a su utiliser une cabine téléphonique assez éloignée de notre dernière halte pour alerter, par une série de coups de fils prudents et indirects, ses anciens amis du S.N.E.sup. Bien après la tombée de la nuit, couchés dans l'herbe parfumée, à couvert, nous avons attendu les voitures... Une par une, elles sont venues. Embarquant d'abord Olivier, plus quelques autres blessés. J'ai eu le temps de dormir une heure, au moins, tranquille, le cœur plein de bonheur, avant de prendre le "dernier wagon", comme un Capitaine quittant son navire s'enfonçant doucement dans la mer grise, le tout-dernier, pour le principe, et d'aller retrouver mon plumard, crevé, mais satisfait... "C'est à partir de Flins" (1969) "qu'une organisation maoiste commence à exister en France", commente La Cause du Peuple, dans son numéro 10, paru le 3 juillet suivant. La cour de l'usine, investie sans coup férir, puis défendue sèchement, les honneurs rendus, au prix d'un peu de sang, à la mémoire de Gilles, et l'impact énorme, à Renault-Flins même, mais bien au-delà, de cette opération spectaculaire, conclue par un repli sans pertes, rendent célèbre, partout, le nom de la Gauche prolétarienne. Amers, les groupuscules nous reprocheront de n'avoir pas été capables d'entraîner tous les ouvriers de Flins dans la bagarre. Heureusement! Ce n'était pas le but, loin de là. Seul de nos militants de l'usine à n'avoir pas pu se retenir, et à s'être jeté de tout son poids dans la fournaise, après avoir été provoqué par un "régleur", Julien, qui avait "sonné" l'homme d'un seul coup de poing à assommer un bœuf, fut évidemment licencié, dès le lendemain. Il restera un militant précieux et dévoué, sur l'usine, puis sur toute la zone des Mureaux, auteur, aussi, d'éditoriaux musclés, concis, concrets et clairs pour nos journaux. Jean-Claude Vernier et Charles-Henri sont restés jusqu'à ce jour ses amis proches, - mais pas ce grand dadais de Jean Rolin, ajouté, ce jour-là, au "commando de porte", pour faire plaisir à son grand-frère... Sans oser toutefois le nommer, Jean devait écrire sur Julien, désigné sous forme d'insinuations d'une ignominieuses d'une immense lâcheté, des choses dégoûtantes, dans un de ses écrits sordides de repenti, "L'organisation", paru vingt ans plus tard - médiocrement écrit, mais salué, comme il se doit, par la critique... Olivier, de son côté, ne manquera pas d'en rajouter une couche dans son - désolant...- "Tigre en papier". Révélant, au passage, des fantasmes qu'on ne lui connaissait pas, notre "Antoine" alors en manque de sa douteuse "Cléopâtre" (lire page) évoque une nuit passée, au cours d'un "stage de formation" dans un lit partagé avec "Juju de Sochaux", un personnage de synthèse dont il dit beaucoup de mal - et qui, de plus, lui aurait "tâté les couilles", doucereusement, le réveillant en plein sommeil, sans que celui que les ouvriers de Billancourt allaient baptiser, plus tard, "Le Maréchal", saisi, ou séduit, ose lever...un sourcil... Il est vrai que dans le même "livre", salué lui aussi, pour les mêmes raison, par la critique, Olivier révèle sa fascination d'antan pour l'exceptionnelle "beauté", le déhanchement, et les jolis foulards selon lui blancs d'un des rares fils de la très grande bourgeoisie militant avec lui la G.P., qu'il nomme Delacroix (De la Cruz) - et où beaucoup ont cru me reconnaître. Il y moque aussi, de façon répugnante, "Pompabière", un des plus solides militants ouvriers maos, ami fidèle de Pierre Overney, devenu un élément de base de notre "branche armée", la NRP. Olivier, qui se consacre aujourd'hui, avec le courage qu'on imagine, à un "combat" verbal boursouflé, plein d'emphase et de pos, contre l'hydre sans cesse renaissante, en France, de l'antisémitisme - dans la luxueuse revue "néo-cons" de son ami le sarkoziste André Glucksman à laquelle il collabore assidûment - a surpris beaucoup d'entre nous, enfin, dans le même livre, par le surnom un tantinet méprisant choisi pour évoquer un autre de nos frèrers de combat dans cette "petite maison" clandestine, alors soudée: "Fichaoui". Le "petit juif" ainsi ridiculisé, "pied-rouge" intrépide, rigolard et modeste venu de la communauté juive d'Algérie, porte un nom nom en "aoui", sans aucun rapport avec l'acide "fichu" , ou "je m'en fiche" - "Fichaoui", donc, c'est du Céline, Olivier - dont tu admirais tant, toi, quand nous partions ensemble en vacances dans ta vieille 11CV Citroën, au Castellet, "le style"...
27.3.08 00:26


REBELLES: LE PARTI DE LA BANLIEUE2

Le "coup de la chèvre" a été filmé J.P.O. qui, lui, bien que d'un format beaucoup plus réduit que July, n'a jamais eu peur des coups à recevoir, ou à donner, était là sur le terrain, à Montrouge. Il s'est alors installé dans la fonction - en fait, très exposée - de reporter audiovisuel (sans carte de presse). Il opère à l'aide de la caméra super-huit flambant neuve avec laquelle il va réaliser, bientôt, le premier film "Palestine vaincra!" - diffusé dans toute l'Europe. Grâce à lui, donc, l' "A.G. de bilan" réglementaire, permettant le travail de "critique-autocritique" qui suit, en principe, toutes les initiatives d'importance, nous permettra de visionner les images, plaisantes des "chèvres" aux bêlements plaintifs, appâts parfaits, avec leur petit stand de propagande paisible, offert aux "loups" vite alléchés en uniforme bleu. Puis le "tempo" s'accélère, avec la charge soudaine, style Reischoffen, des "chasseurs de flics" rusés et sans pitié que nous sommes en train de devenir. Les copains ont surgi de partout sur un simple signe de la main, et se sont rendus maîtres du terrain en deux coups de poing et trois coups de pied - plus un nombre incalculé, ça va tout de même vite, de "han!" et de "ho!" accompagnant les mouvements des hampes de drapeaux (rouges), vulgaires et solides manches de pioche à poignée évasée, pratique, achetés en masse dans les rayons spécialisés de notre cher Bazar de l'Hôtel de Ville (B.H.V. publicité gratuite...), devenus, pour notre "groupe matos", familiers... Pour réjouir l'assistance, et se payer ma tronche, J.P.O. choisit de diffuser en accéléré la séquence-clé du piège. On y voit les premiers gardiens de la paix, venus, roulant des mécaniques, et sans se méfier, se faire stopper, devant trois ou quatre paisibles vendeurs de journaux - les "chèvres", garçons et filles - par un jeune costaud déterminé, hâbleur et insolent (votre serviteur...). Le jeune coordinateur de ce premier "piège à flics" semble les baratiner à toute allure, ridicule... Genre "bla-bla-bla-bla-la-liberté-de-la-presse-c'est-un-scandale-vous-n'avez-pas-le-droit." Pour que "l'embrouille", fonctionne, il faut prendre le temps. Que les badauds s'étonnent, puis s'indignent...Et que le peuple du marché commence à s'attrouper, pressant, contre les policiers...Alors seulement la décision sera prise de passer à la phase deux: "képi vole"... Le "groupe de choc" qui se distingue ce jour-là est formé,de lycéens de Massy, premières de nos recrues dans les lycées de banlieue, plus coriaces encore que nos excellentes "mains blanches" au "cœur rouge" des "prépas" de Louis-Le Grand, de Henri IV, pas tous de grands sportifs, ou même que nos "matheux" de Saint-Louis, graine de Saint-Cyr ou de Polytechnique... Parmi eux Jean-Pierre Liban, aujourd'hui cadre commercial à L'Express. Sa Maman, madame G., sera l'une des animatrices du premier groupe, combatif, de familles de prisonniers politiques de la G.P., dont son fils, l'année suivante... Dissimulé au sein de la foule, où les plus fins d'entre eux achètent même quelques betteraves, ou quelques choux de Bruxelles pour mieux se fondre dans le paysage entre les étalages, nageant dans le peuple "comme des poissons dans l'eau" , le commando d'embuscade a fondu sur sa proie comme les Sioux sur Custer au bord de sa dernière rivière. Chargé de l'ordonnancement d'ensemble de la cérémonie, donc de l' "accroche" initiale comme du "topo", j'ai donné le signal d'attaque avant d'aller m'agripper, pour prendre la parole, à un vague poteau, juché sur un cageot branlant, sous l'œil inquiet, mais maternel, d'une accorte et replète vendeuse de carottes, visiblement plus proche des "Indiens", piégeurs, que des "tuniques bleues", piégées (nous sommes en terre de vieille implantation "rouge"). Sur un marché, il faut forcer la voix, parler lentement, et les mots doivent claquer. Après un discours bref, mais bien senti, le moment est venu d'un repli, bien protégé, du "commissaire politique". On l' "exfiltre" avant même le "groupe chèvre", puis le repli organisé, en bloc, du "groupe choc" - entre les piles de melons d'aubergines et de tomates, un peu secouées... Nous n'avons pas décidé cette opération à la légère, pour nous faire un coup de pub sur Europe 1 et faire plaisir à Serge - ni par haine des flics, ce serait nul. Tout a mûri lentement en ce début 1969. La "Gauche prolétarienne" émerge peu à peu. La première discussion d'un "groupe de 12", rue Lacépède, chez les parents Rolin, a permis des échanges entre les "trois composantes", en accord sur l'idée, fondatrice, de la "résistance prolétarienne", à partir des combats de Flins et de Sochaux, et donc opposés aux thèses liquidatrices, dominantes, du "reflux des luttes", "brisées par la répression", et du nécessaire repli dans les livres, pour la "formation de cadres", en chambre... Une forme nouvelle commence ainsi à émerger des ombres de la caverne au soleil des idées clarifiées, décantées, et affirmées - avant que le moment survienne de "passer à la pratique". De Gaulle Le Président de la république a pris la décision de confier son destin au peuple de France. Les grèves de mai 68 l'ont démontré: il a été coupé, et il le sait, du monde du travail comme de la jeunesse. La couche de courtisans, de technocrates et d'affairistes dont il s'est entouré, à tort, ont fini par faire écran, et l'engluer. Mais sans confirmation, explicite, du suffrage citoyen, il préfère disparaître. Il joue donc, comme toujours, son destin personnel à quitte ou double, et convoque un référendum pour le 27 avril 1969, officiellement, sur la question de la régionalisation et du Sénat - en fait pour poser aux français la question de confiance, par ce biais, mal choisi, sur de mauvais conseils. Lâché par les milieux d'affaires, financièrement liés aux clans atlantistes, mais aussi par le puissant lobby pro-israélien, qui ne lui a pas pardonné sa "politique arabe" de 1967, et dispose d'importants relais dans la presse comme dans la pub (donc dans les principales radios), et poignardé, enfin, dans le dos, par la grève de l'Etat (de l'importante fraction de l'administration qui roule en douce pour "le changement" et la "modernité"...américaine), le général n'a pu se rétablir, fin mai 1968, que par la rébellion, presque contre lui-même, de ses "grognards", Charles Pasqua en tête, avec l'appui des plus secrets réseaux issus de la résistance - dont le grand maître, dans l'ombre, reste le colonel Passy. Ce sont eux, plus que les flics - ou par l'intermédiaire de flics à leur service - qui ont commencé à organiser l'infiltration des barricades, des facultés occupées, et des A.G. Contre un mouvement tapageur, mollusque sans carapace, dépourvu de de tout véritable projet comme de toute structuration démocratique, il n'a pas été difficile d'infiltrer des provocateurs, puis de "durcir le jeu" des barricades et de brûle-voitures, jusqu'au retournement complet d'une opinion d'abord favorable aux "jeunes" massacrés par "la poulaille". Dépourvus de tout sens politique, les "leaders" auto-proclamés du "mouvement", Cohn-Bendit et Geismar en tête, sont des baratineurs d'A.G. doublés de suceurs de micro appâtés et sélectionnés par Europe 1 ou RTL (Havas ou Publicis). Jamais élus ou ratifiés par qui que ce soit, et très vite ivres de leur jeune "gloire", ils sont dépourvus de toute vision politique à long terme. Sans capacité d'anticipation, donc, d'organisation, ils n' ont vu que du feu aux manœuvres des "réseaux"... Les temps devenaient mûrs, alors, pour l'immense manifestation gaulliste des Champs-Elysées, et la réouverture des pompes à essence, tocsin du mouvement gréviste qui lui aussi s'essouffle, faute de perspectives claires. A l'approche des vacances d'été les élections de juin ont été triomphales pour "le pouvoir". Même s'il ne s'incarne plus que sous la forme d'une grande ombre solitaire traînant sa peine dans sa vieille carcasse usée par un combat de trop, après tant et tant d'autres, dans un Elysée déserté devenu château d'Elseneur où rodent, à chaque coin de couloir, la trahison et ses fantômes... A "gauche", unis dans la déroute comme ils l'avaient été dans une bréve et velléitaire tentative de prendre en marche le train de la "subversion", socialistes et communistes voient leur opportunisme, leur absence de vision, de cohérente - et la peur " de la chienlit" , qui en est la conséquence... - durement sanctionnés par le peuple des urnes, ce peuple bleu-blanc-rouge qui est tout de même le peuple, au même titre que celui des barricades, de "Libérez nos camarades", des oriflammes couleur de sang, des séquestrations de "patrons voyous",et des occupations d'usine... Vainqueur, mais, sur le fond, vaincu - trahi et en réalité chassé par ceux qu'il croyait siens - l'homme de la France Libre, du "Programme du Conseil National de la Résistance", de la création de la Sécurité Sociale et d'EDF, de la nationalisation des banques, de la bombe H française brisant le duopole de Moscou-Washington comme l'insolente création d'Elf (défi majeur aux "majors" anglo-saxons du pétrole) réussit sa sortie, démocratique. Le grand chef militaire devenu le père de la Constitution de la V ème République, puis le soldat de la"paix des braves", de la main tendue à Ben Bella et à la direction historique du FLN (tirés des geôles où les avait jeté le "socialiste" Guy Mollet) puis des "accords d'Evian" (nouveau "Genève", sur l'autre rive du Léman), a rétabli la paix en Algérie - par la seule voie possible, politique, celle de l'autodétermination et par l'indépendance. Fort de ce somptueux bilan, il n'allait pas filer sous la pression de la rue. Il a repris les choses en main, puis donné à Pompidou et Giscard, qu'il méprise, l'occasion de dégainer le poignard de Brutus, et laissé le peuple juge... Contre le front douteux du "Non" à l'homme de la France Libre, la G.P. boycotte - violemment - les urnes du du referendum Refusant, de notre côté, que des braises de mai ne sorte qu'un pacte avec le diable - l' "opposition de gauche" parlementaire, P.C., P.S., avide d'un pouvoir dont nous ne voulons pas plus que de celui de Georges Pompidou, et de ses amis des banques et de Washington - nous n'avons pas joint nos voix à celles des partisans du NON. Nous ne participons pas à la curée de ceux qui, avec le soutien de Giscard et de la pire extrême-droite alliés pour l'occasion de la "go-gauche" - l'axe "rose-brun", encore...- vont renvoyer le cher vieux soldat méditer sur l'ingratitude des Temps au bord de la mer d'Irlande... Nous avons boycotté un scrutin, de fait, hors sujet. - Mais boycotté, vraiment. Exaspérant la "gauche", que, seuls, de fait, nous perturbons dans sa lente marche en crabe vers les délices du pouvoir, nous n'avons pas choisi l'abstention dans le calme, faite de votes nuls ou blancs. Nos groupes de jeunes lycéens et ouvriers ont multiplié les raids-éclair, brûlant, en plein jour et devant tout le monde, partout où c'est possible, un maximum de panneaux électoraux... "Le capital est malade, qu'il crève, écrit La Cause du Peuple (nouvelle série, "journal communiste révolutionnaire prolétarien", numéro 2 - décembre 1968), mettant dans le même sac toutes les solutions de rechange qu'une bourgeoisie, touchée au vif, échafaude, Succédant à Roland Castro, directeur de La Cause du Peuple du printemps, journal "de front populaire", dont le numéro 1 était paru... le 1er mai 1968, son nouveau directeur de publication est Jean-Pierre Le Dantec, un breton alors digne et dévoué, fils d'un couple de (vrais) résistants progressistes des Côtes du Nord. C'est donc une nouvelle Cause du Peuple, passée dans le camp d'un Gauche prolétarienne encore au stade d'ébauche, qui analyse en profondeur la "crise monétaire de novembre" (1968) avec ses fuites de capitaux. La "bataille du franc" y est décrite comme le moment d'un double scénario, économique et politique: 1. - Economique, d'abord, avec la stratégie patronale de récupération, par l'inflation combinée à l'augmentation forcenée des cadences, des concessions salariales faites à la CGT (accords de Grenelle), pour acheter la fin d'une grève générale surgie par solidarité, d'abord, avec les étudiants matraqués, puis fleurissant de cent fleurs d'espoir dans les usines et les cités ("changer la vie"). 2. - Politique, ensuite: la "crise de l'impérialisme français" prend désormais l'allure d'une "crise de régime". Dans un combat de trop, juste sur le fond, mais risqué, dans ses moyens, le général avait lancé un ultime défi à la stratégie mondiale des maîtres du billet vert, nouvelle "monnaie unique", et instrument fondamental d'une nouvelle et invisible servitude. Il avait osé réclamer l'alignement du Roi Dollar, comme de toutes les autres monnaies du monde, sur un référent objectif, l'étalon-or. Il avait raison, avant l'heure. Il le paye. Mais cette "crise", donc, globale, et dont les événements de mai n'ont été que l'occasion, fournie par le destin, pour en finir avec l'impénitent rebelle, ne se manifeste encore, écrit La Cause du Peuple, que par des "querelles de succession". Elles ne peuvent être les nôtres. Qu'il s'agisse de Pompidou - commis longtemps dévoué dont l'ambition de succéder à un De Gaulle qu'il a trahi, dans la tempête, n'est plus un secret pour personne - ou qu'il s'agisse d' "autres" qui "s'agitent derrière"... "Le grand capital", insiste notre journal, est à la recherche d'une "formule de rechange". Les "partis de gauche" ne peuvent la lui offrir. Ils sont eux-mêmes en crise depuis leur humiliante déroute aux élections de juin 1968 - et "l'équipe Mitterrand", prise au piège par ses imprudences, se trouve "en pleine décomposition". Dans ce contexte, ouvert, et dans la perspective d' "une authentique révolution populaire", "les masses révolutionnaires ont besoin de nouvelles formes d'organisation correspondant à leur volonté de lutte et aux possibilités de la situation". Ces "nouvelles formes d'organisation", nous les cherchons nous-même, en tâtonnant. Ce sera le cas dès le 1 er mai 1969, au lendemain même de la victoire du "Non à De Gaulle" au référendum, et du départ aussitôt annoncé, conformément à sa promesse, par le général - monument de grandeur digne et cohérente, jusqu'à la fin. Soucieux de ne pas nous limiter à discuter "en chambre" de ces questions, nous souhaitons, annonce La Cause du Peuple dans son numéro 3 (février 1969), nous saisir de toutes les occasions qui se présentent pour ramener le débat au fond, et "porter dans les masses le débat sur la nécessité de nouvelles formes d'action et de lutte, prolétariennes. Cela redonnera confiance à la masse des travailleurs. Si cette tâche est menée à bien, on peut imaginer, sans être prophète, que la rue, aujourd'hui contrôlée par l'Etat policier, reviendra à ses propriétaires naturels, les masses populaires." 1er mai 1969: d'un échec à Belleville, naît la stratégie des "actions de partisans" - par la voix d'un ouvrier mao de Renault-Flins. Véhémente, toujours, excessive, parfois - et, avec le recul, reconnaissons-le, souvent sous l'influence de l'anti-gaullisme ambiant, celui de la "gauche du capital" et des trotskistes, ses polypes, La Cause du Peuple parle rarement en l'air. Nous n'annonçons pas, comme on dit au poker, "à découvert". Une première opportunité se à présente à nous pour en faire la démonstration, et "porter dans les masses" ce fameux "débat" sur les formes d'action et d'organisation permettant de rendre la rue "à ses propriétaires naturels". Ce 1er mai 1969, donc, tandis que Pompidou et ses rivaux de tout bord se mettent en campagne pour l'élection présidentielle qui vient, la "gauche" s'inquiète d'un possible "retour de flammes" de l'incendie de 1968, mal éteint. La CGT de Georges Séguy sent la base pousser. Elle craint - autant que nous l'espérons, nous, y travaillant à fond - une convergence de la jeunesse ouvrière avec les "enragés" de mai 1968, et surtout de juin, que les "apparatchiks" de la "police syndicale" pourchassent désormais partout aux portes des usines - et, de plus en plus, à l'intérieur... Fébrile, la centrale encore sous la tutelle sans limite du P.C.F., lui-même toujours dépourvu de la plus mince marge de manœuvre à l'égard de ses "grands frères" - et grands argentiers - d'une "Union" plus guère "soviétique", vacillante, déjà minée de l'intérieur, annule donc le défilé prévu, traditionnel, au tout dernier moment: par peur de "provocations" de groupes "manipulés par le pouvoir" . Tandis que la JCR trotskiste, "avant-garde" (Krivinienne) d'une "extrême-gauche" suiviste et légaliste (qui colle servilement au cul de la "vieille gauche" , dans sa posture habituelle de mouche du coche) "riposte" en éloignant ses militants par le métro, pour un maigre et morne défilé, paisible, loin, du côté de Saint-Denis, nous décidons, nous, de relever le défi. Encore peu structurés, nous passons par l'intermédiaire des anciens Comités d'Action de mai où nous gardons de l'influence, qui lancent un appel public à manifester, au métro Belleville. Le quartier sera, inévitablement, noyé de CRS. Il faudra donc partir, sans l'annoncer, d'une base d'appui, à l'extérieur de leurs lignes, pour venir en perturber la solide ordonnance, avant de pouvoir rêver de la plus minime offensive. Reprenant la vieille méthode qui a fait la renommée des Comités Vietnam de Base, nous mobilisons donc nos militants, par rendez-vous secondaires, en petits groupes. Seul un responsable connaît le point de contact suivant, et très peu, l'objectif. Ça marche. Et je me retrouve, sono en main, devant une petite foule, rue de la Mouzaïa, sur les hauteurs du XIXème: c'est là qu'a été décidé de créer un "point de fixation", avant toute éventuelle descente vers le métro Belleville, "bouclé" comme nous l'avions prévu, par une compacte armada de CRS casqués dotés pour l'occasion de nouveaux uniformes et de nouveaux gadgets. Entassés dans leurs cars, où en patrouille, au milieu d'une foule de sympathisants, dispersés, qui nous attendent, ils guettent la "manif", pour la "casser", d'entrée... Mais c'est nous qui "cassons", ailleurs. La rue de la Mouzaïa abrite un Centre Départemental de la Gestion de la Main d'œuvre - une sotre d'ANPE, "objectif symbolique" tout juste "potable", choisi faute de mieux. Il représentate, en principe, l'inefficace bureaucratie d'accompagnement du chômage... Je lance quelques mots brefs - peu littéraires.Ils sont suivis d'effets.Une volée de pierres part.Bonjour la Gestion de la Main d'œuvre... Les flics vont-ils mordre à l'appât, et monter nous chercher, nous permettant un début au moins de "guerre des pierres", suivi, par la désorganisation de leurs lignes, permettant une jonction, tout en bas, avec ceux qui attendent, près du métro, et une manif d'enfer - narguant les syndicats, et la "vieille gauche"? Pas si bêtes, ils ne montent guère. Sans cocktails-molotov, et donc sans possibilité sérieuse de "mettre le feu", dans tous les sens du terme, nous ne parvenons pas à "planter le souk" dans les hauteurs - et les flics ne modifient pas sérieusement l'ordonnance massive de leur dispositif... Nous tentons une jonction quand même, mais le bilan de la journée reste mitigé. Mais qui ne tente rien n'a rien. Et de l' échec de ce jour va jaillir la lumière. "Lutte échec, nouvelle lutte, nouvel échec, et cela jusqu'à la victoire totale, c'est la logique du peuple, écrit notre bon ami Mao. Pour tirer les leçons d'inévitables déconvenues, de l'expérience, et de l'expérience, répétée, les "maoistes" attachent toujours une importance essentielle aux "réunions de bilan". "Debriefing", disent, dans leur sabir anglo-saxon les nageurs de combat, comme les super-gendarmes anti-terroristes du GIGN, férus de cette démocratie militaire, élémentaire, sans laquelle aucune formation de choc ne peut vivre, et tenir... Et c'est, donc, de ce relatif échec, et de sa "réunion de bilan", que va jaillir l'étincelle avec laquelle la Gauche prolétarienne, qui se cherche encore, ce 1er mai 1969, va "mettre le feu à toute la plaine". Julien de Flins Celui qui va "trouver la voie" s'appelle Julien. C'est un ouvrier de Renault-Flins. Un jeune rural de la Beauce blond comme les blés, et baraqué, aux cheveux ultra-courts. Ancien délégué CGT en rupture de ban avec la centrale de Geortges Séguy, il symbolise, à nos yeux, la "résistance prolétarienne", dont les abords de son usine, et ceux de la Seine, voisine, ont été le théâtre, en juin, au prix de la mort de Gilles. "Ce qu'on a fait là-haut (Mouzaïa) c'est pas si mal, nous dit Julien, de la grosse voix rauque, qu'aujourd'hui il a conservée - après être parti rejoindre les maos de Nantes- Saint-Nazaire en compagnie de notre ami commun Charles-Henri de Choiseul-Praslin, ancien "établi" de la même usine Renault des Yvelines, avant une reconversion dans une autre vie au grand soleil du midi... "Fallait y aller. Ceux qui critiquent, j'aurais bien voulu les y voir...Mais, les copains, je vais être clair! A chaque fois que nous sortons le bout du nez, ils nous mettent des milliers de flics, en force...Alors la conclusion est simple: organisons des actions de petits groupes, des "coups-éclair", vite-fait, bien fait, "à la surprise"...Et ne nous compliquons pas la vie.... Ne voyons pas trop grand du premier coup... Le meilleur finira par venir, plus tard, petit à petit..." "L'œil du paysan voit juste" (Mao). Celui de l'ouvrier agricole, devenu bagnard prolétarien, sur chaîne, a fortiori. Trois ans plus tard, nous donnerons à notre premier enfant, le prénom de Julien de Flins qui vient de formuler la doctrine des "actions de partisan". La m§re n'avait rien contre: Danielle était parmi les lanceurs de pierres de la rue de la Mouzaïa, et au "bilan". La G.P. n'est plus un projet, fondé sur un système de thèses. Elle est une méthode. Elle respire son premier bol d'air, et pousse son premier cri. Elle naît... Même si, les choses n'ayant jamais la pureté des images d'Epinal, la vérité oblige à nuancer un peu. Tout un cycle d' "actions de partisans" s'enclenche bien ce 1er mai. Il passe par le premier "piège à flics" de Montrouge, moment d'une première "campagne" pour honorer le souvenir de notre premier mort, Gilles Tautin - et mène au spectaculaire commando de Flins - précisément - le 17 juin 1969, conçu pour la commémoration de la noyade de Gilles, là-même, un an et sept jours plus tôt - le 10 juin 1968 (voir page). Mais une "idée juste" n'émerge jamais de "la pratique de masse" par un unique filet, coulant d'une seule source. Ce sont mille petits ruisseaux qui forment les grandes rivières, et de premières "actions de petit groupe", pas encore complètement conceptualisées, ni baptisées, commencent à apparaître avant cette date - constituant la genèse de ce qui va devenir la "marque de fabrique" de la G.P., sans avoir encore, toutes, tout le retentissement qu'elles méritent. Marseille CODER: première opération "pot de peinture" Le 7 janvier 1969, une agression ignoble survient dans un atelier de l'usine CODER de Marseille. C'est le plus gros établissement industriel de la ville, avec 1500 ouvriers. L'entreprise a été fondée, au début du siècle, par Joseph Coder. Elle est passée depuis sous le contrôle d' une dynastie des huiles (Rastoin), maîtresse de la Chambre de Commerce, et alliée au maire "socialiste" Gaston Defferre, comme à la plus vieille droite phocéenne. Dans ce bastion de la CGT, où l'on fabrique toutes sortes de matériels roulants - wagons, semi-remorques et citernes - un ouvrier immigré, de nationalité algérienne, qui renâcle et se rebelle contre l'exécution d'un ordre idiot, se fait traiter de "sale arabe" par un "petit chef". Les choses n'en restent pas là. Pris par le cou, à demi étranglé, le "sale arabe" qui a osé "dire Non", est brutalement projeté contre un tas de caisses, rangées contre le mur . Assommé,il devra être réanimé, puis hospitalisé - multiples lésions aux côtes... Problème: le "violent" est secrétaire de la section C.G.T. de CODER...Il est membre d'un parti qui n'est pas, ici, le P.C.F., mais l'UDR (droite). Marseille... La G.P. à peine naissante dispose d'un atout dans l'usine, un "établi" remarquable, Henri-André David. Loin de se terrer, et de jouer les "taupes", il anime au grand jour, un petit noyau de militants ouvriers. Ils décident de ne pas laisser impunies les violences racistes commises, au vu de tous, par "Monsieur le secrétaire" - et de lui infliger une correction publique. Le malappris reçoit, à la volée, le contenu d'un grand pot de peinture - jaune... - en pleine figure. Cette opération "pot de peinture" - une formule populaire à grand impact qui évite, quand on le peut, les inconvénients d'un franc "cassage de gueule", fera progressivement des émules dans toutes les usines de France où les ouvriers, et la G.P., se trouvent confrontés à la violence de "petits chefs", acharnés à rétablir l'ordre ancien ébranlé par les grèves de mai, et à "rattraper" les concessions salariales conçues pour les faire cesser en organisant, "à la schlague" une infernale montée de la productivité par l'intensification des cadences, (lire page)... Des Pyramides d'Egypte, bâties par des esclaves menés au fouet, cadences contrôlées au sablier, à la révolte des O.S. de Permali, brûlant les fiches des "chronos" Le cas de Coder est donc loin d'être isolé. Et l'imagination des jeunes ouvriers rebelles est sans limite. A l'usine Permali de Nancy (bois), où nous disposons aussi d'une de ses premières "bases d'usine", La Cause du Peuple compare, dans un article superbe de février 1969, la montée en puissance des cadences, poussées à fond par une armada de petits-chefs aboyeurs, aux scènes figurant sur certains bas-reliefs des Pyramides d'Egypte. Elles montrent les ouvriers-esclaves des Pharaons travaillant sous la menace du fouet - au rythme fixé par d'antiques sabliers... En Lorraine comme à Marseille, la riposte à l'intensification infernale du travail ouvrier, qui constitue l'essentiel de la "contre-attaque du capital" après la vague de mai, ne peut pas attendre que les conditions soient réunies pour des mouvements d'emblée majoritaires. Au contraire, comme à Montrouge, contre la pression de la police sur les vendeurs de journaux à la criée, à Flins, pour honorer la mémoire de Gilles, symbole, jusque dans sa mort, de l'union lycéens-ouvriers, et comme à l'usine Coder, soumise la violence raciste, c'est l'action de petits groupes de francs-tireurs qui, loin d'entraîner l'isolement et la défaite, reflète l'exaspération générale, chasse la peur et l'apathie - créant les conditions d' une révolte plus large... Les jeunes de Permali se lancent dans une véritable "guérilla d'atelier" contre les chronométreurs. Son point d'orgue: un spectaculaire autodafé des "feuilles des temps", arrachées, puis brûlées. En mars 1969, insolente référence au "mouvement du 22 mars" de Nanterre, ils constitueront leur propre "Mouvement du 18 mars". Sa première "action exemplaire" sera le sabotage d'une journée portes ouvertes, organisée dans l'entreprise. Les visiteurs vont y être accueillis par des pancartes du genre: "Sur cette scie, deux doigts coupés par le capital". "Sur cette presse, risque de meurtre chaque jour." Inspiré des "dazibao", les "affiches en gros caractères" de la Révolution Culturelle chinoise, un journal mural exhibe une audacieuse adaptation du slogan majeur du "Président Mao":"Le patron est au bout du fusil". Comme à Coder (lire page), il ne s'agit pas d'un feu de paille, mais du début de la construction d'une force prolétarienne, plus large. Deux ans plus tard, début 1971, le "patron-pharaon" de Permali séquestré par ses "esclaves" rebelles au sablier devenus ses geôliers d'un jour, et pris d'une soudaine fringale, se verra offrir en guise de repas... une boîte d'aliment pour chien, du Canigou. (lire page) La lutte contre la course folle à la productivité par une augmentation bestiale des cadences, provoquera, dans les temps forts, de violentes séquestrations de directeurs ou de cadres supérieurs. Au quotidien, la lutte prend la forme d'un harcèlement permanent, riposte à l'impitoyable "chrono" des "petit-chefs" aboyeurs. Ce sont eux qui vont devenir la cible privilégiée de nos "actions de partisans", dans ou aux abords immédiats des usines, à partir d'une stratégie soigneusement réfléchie, ancrée au cœur de la réalité du moment, et pas de "coups de chaleur" improvisés à la va-vite, voire de fantasmes... Et bientôt nous passerons des pots de peinture à la création de véritables "Groupes Ouvriers Anti-Flics" (GOAF, lire page), et autres "Milice Ouvrière Multinationale", ou "Brigade antifasciste Beylot-Blanchet" (lire page). Cible privilégiée: la petite maîtrise au contact direct des O.S., et, pire encore, des "régleurs", sur les chaînes - des ouvriers "lèche-cul", sortis du rang, et payés quelques centimes de plus pour veiller à la constante accélération des chaînes où s'échinent leurs anciens frères de misère... Flins, juin 1969: "Les longs cheveux vont revenir...". "Les longs cheveux vont revenir...". Dans son spacieux HLM proche de l'usine de Renault-Flins, où il est un des éléments de base - avec Julien - du "groupe ouvrier" que nous tentons patiemment d' "édifier", Guy nous décrit les bruits qui courent autour de lui, en ce début du mois de mai 1969 - à l'approche de la commémoration, annoncée urbi et orbi, des événements magiques, puis tragiques, qui avaient enchanté, puis endeuillé, l'année précédente. "Les longs cheveux vont revenir...": sous le manteau, de chaîne en chaîne, couvert par grondement permanent des machines et le fracas du métal, lui aussi, comme les hommes qui le traitent, soumis à la torture, c'est l' "annonce faite à Marie" qui imprègne les esprits d'espoir dans ce bagne industriel...Avant de nous ouvrir sa porte, Guy, un ouvrier professionnel hautement qualifié (O.P.), d'une quarantaine d'années, à jeté un œil méfiant sur notre véhicule, de sa fenêtre.. C'est ma grosse moto noire. Belle et bonne, elle est simple - et n'a rien à voir avec l'éclatante Jaguar du "maître de forges" Henri de Wendel, dans laquelle Charles-Henri de Choiseul-Praslin, son beau-fils, lui-même descendant d'une prestigieuse famille de ministres à la Cour du Roy, d'ambassadeurs de France, et finalement d'un officier français mort au combat contre les troupes allemandes, en terre d'Afrique, était venu lui rendre visite en compagnie de Jean-Claude Vernier, quelques semaines plus tôt. Charles-Henri préparait son "établissement" sur les chaînes de Flins..."Vous êtes cinglés!, avait dit Guy...Je suis connu, ici...Garez-ça où vous voulez, mais pas sur mon parking!". Nous tentons de garder secrète, le plus longtemps possible, les mesures pratiques que nous avons en tête pour donner corps à l'idée, connue, elle, de tous, de faire, en juin 1968, une éclatante démonstration de fidélité à notre premier mort et aux valeurs qu'il portait, celles de "servir le peuple" et de "La Cause du Peuple" - et qui sont aussi, et, à ce jour, demeurent, celles de Julien, Jean-Claude, Charles-Henri, et d'un bon quart des autres (impossible de retrouver la trace de Guy...) Nous tentons de cacher nos plans précis, sinon nos intentions, mais de les dissimuler "aux yeux de l'ennemi", pas "dans les masses", où les combattants que nous sommes, loin d'être des forcenés de la "clandestinité pour la clandestinité" , recherchent en permanence contact, contrôle, idées - et oxygène... Et c'est par une "campagne de masse", donc, aussi (au cœur de nos méthodes depuis l'époque des C.V.B.) que nous engageons la "préparation politique" de ce "retour des "longs cheveux". On nous attend. Au Ministère de l'Intérieur, comme chez son collègue de Défense - et chez les ouvriers. Nous le savons. Mais il est hors de question d' esquiver l'échéance, la responsabilité qui est la nôtre devant les ouvriers, sous le regard de Gilles, présent sur nos affiches - et l'opportunité, aussi, que la situation nous offre. A nous de "résoudre cette contradiction", difficile, et d'inventer, avec les ouvriers, et, dans le cas précis, Julien et Guy, la forme de la bataille. Il nous faut bien choisir le moment exact de notre intervention - rester maîtres du temps. Histoire de tester le terrain, des urnes ont été brûlées en plein jour le plus près possible de l'usine de Flins, au cours de la campagne de boycott du référendum, en avril - comme ont été incendiés des panneaux électoraux aux abords du Centre de tri PTT de la gare d'Austerlitz où le descendant de l'ancienne lignée des "Kruse" du Schleswig-Holstein, péninsule longtemps contestée entre Prussiens et Vikings (deux peuples aux rudes sourcils...) sur les rives de la Baltique, et des Peugeot de Montbéliard, est allé s' "établir" dès la rentrée 1968 - précédent, mais de très peu, son ami Charles-Henri, descendant, lui aussi, comme le fils de mandarin Zhou Enlaï, en Chine, d'une "très grande famille"... Cette "campagne de masse", les militants d'une "G.P.", dont les media ne vont commencer à "populariser" le sigle qu'après l'éclatant succès de notre "opération-retour" à Renault-Flins, ce 17 juin, la mènent partout. Et notamment sur les marchés. Et par exemple, sur celui de Montrouge, où la police a eu la grande satisfaction de les empêcher de diffuser, le 8, dans le cadre de cette "mobilisation" pour Flins, le numéro 3 de La Cause du Peuple - avec ses articles sur le pot de peinture de CODER, à Marseille, ou sur les sabliers-chronos des fustigeurs d'esclaves des Pharaons, avec leurs longues lanières, à l'occasion de la bataille de PERMALI-Nancy sur les cadences... Bloqués le 8, nous sommes revenus le 15, avec le "coup de la chèvre", qui électrise nos gars - et nos jeunes filles, car toutes les actions de la G.P., sont l'œuvre de groupes mixtes, où beaucoup ont étudié les "Ecrits militaires" de Mao, empreints de l'idée qu'un "style" doit exister aussi dans le combat. Il est fait de ténacité au cours d'engagement répétés et rapprochés, de calme dans la défaite, et de modestie, dans la victoire. Entre le 8 et le 15 juin, donc, après l'échec, porteur, du 1er mai, nous avons laissé passer le 10 - un an pile après les affrontements de masse de la "résistance prolétarienne" autour de Flins, et la noyade de Gilles. C'est en grande partie volontaire - problèmes d'organisation aussi, nous sommes très ambitieux, et dans le détail, rien n'est simple... C'est donc le 17 juin qui sera notre jour J. Nicole Linhart, femme de Robert, une brune ravissante à la détermination de fer, capable de claques retentissantes quand on insulte son "mec", conduit la camionnette de location où se sont engouffrés, tous pile à l'heure, les membres du "commando de porte" dont on m'a confié la responsabilité. Nous sommes une douzaine, soigneusement sélectionnés et choisis, non pour leurs capacités physiques, ou leurs talents de "frappeurs", réelles pour quelques-uns, mais pour leur caractère bien trempé. Pas question d'hésiter, de mollir, ou de flancher: tout le succès de l'opération repose sur nous. Secondé par Roland Guegenbach, je dois conduire ce groupe, que Nicole a "largué", en douce autant qu' "au top", à portée de fusil de la grande porte, marquée par une "barrière de passage à niveau" rouge et blanche, et une guérite de "chiens de garde" à casquette, qui marque l'entrée de cette immense usine, située alors en pleine campagne, dans un décor champêtre dont nous avons minutieusement étudié la configuration, sur carte d'état-major, avant d'envoyer des "éclaireurs" se livrer à des "repérages", sur le terrain - et baliser, surtout, un "itiinéraire de repli" convenable, malgré l' "encerclement", inévitable, par des "forces de l'ordre" déjà en "alerte rouge"... La mission de notre "équipe de pointe" s'inscrit dans un plan d'ensemble. Sous couvert d'une banale distribution de tracts, nous devons nous préparer à "prendre" la porte, et à la tenir, quoi qu'il arrive, dès qu'un premier gardien apercevra, à plusieurs centaines de mètres sur sa droite, la colonne principale, avec ses drapeaux, ses banderoles, et leurs longs manches de bois épais. C'est elle qui doit faire pénétrer dans la cour Alain Geismar - bien connu des ouvriers depuis sa participation aux émeutes de l'année précédentes, attribuées à d'inexistants "groupes Geismar"... Après, advienne que pourra - et surtout, nous y comptons bien, une bonne "chicore" avec les "petits chefs racistes". L'usine tourne avec une main- d'œuvre d'origine essentiellement agricole, mais d'un prolétariat rural appâté par des armées de "recruteurs" qui ont sillonné jusqu'aux petits "bleds" perdus au fin fond du Maghreb, après avoir ratissé la Beauce, l'Île de France, et tout le grand ouest. Des "technocrates fous" ont rêvé de créer ici, sur une boucle de la Seine d'où la production pourra s'évacuer sur des trains de péniches, loin des rumeurs ouvrières de Paris et du premier cercle de ses banlieues alors réputées "rouges", un nouveau "modèle d'usine", avec productivité record pour un investissement minimum - un troupeau soumis sur les chaînes fabriquant des bagnoles en série, pour moins cher que des machines... Mais le "troupeau" n'est plus soumis. S'il l'a été, un jour... Etrangers à la vieille classe ouvrière traditionnelle et peu encadrés, du coup, par les lourdes bureaucraties syndicales, les "révolutionnaires prolétariens de Flins" sont devenus, en juin 1968, les plus durs des plus durs - alors que peu à peu, les autres grévistes se rendent. Ils se moquent comme d'une guigne des consignes électorales, et aiment ces "longs cheveux" d'étudiants - qui ne les ont pas lâchés. Nous les aidons, depuis, comme nous pouvons, à formuler leurs objectifs de lutte. Et nous leur soumettons des méthodes d'action inspirées de ce que les "prolos" G.P. de Saint-Dizier - qu'est allée renforcer, en s'y établissant, notre ami "Momo" - appellent "la division réactionnaire entre cerveaux musclés et bras musclés". Ce que le "Comité d'Action Révolutionnaire" (C.A.R.) de Renault-Flins traduit, dans son langage à lui, par son "refus de trimer comme des robots": "Contre les cadences, nous nous révolterons, si la direction nous met sur le pavé, elle prendra le pavé sur le coin de la gueule" Dans la cour de Flins, donc, tout se passe à peu près comme prévu. Le "commando de porte", dont les gardiens ont soigneusement examiné le style avant de bouger, mais avec une lente prudence, n'a pas eu besoin de distribuer la moindre gifle. Dissuasif, il a tenu la porte sans coup férir - avant de s'effacer comme à la parade pour laisser entrer la "manif", que nous avons regardé grandir en s'approchant de nous, magnifique, à sa sortie de l'église - le curé, comme tant d'autres, dans les régions ouvrières, est un "copain"... La jonction s'est opérée à l'heure H et à la minute M, celle du changement d'équipe, où des milliers d'ouvriers vidés de toute énergie croisent ceux qui arrivent, tous rayonnant dans la joie de revoir leurs amis de 1968, avec leurs grands portraits de Gilles Tautin ouvrant ses beaux yeux noirs chargés d'espoir, et son tendre et joyeux sourire de 17 ans. Le tout, noyé, comme au jour de ses obsèques, dans une marée de drapeaux rouges, tandis que retentissent chants et mots d'ordre scandés avec puissance... Solidement encadré, Geismar a pu dire quelques mots, à la sono. "Gilles, avait déclaré un de nos "prolos" de Flins sur la tombe de notre jeune camarade, le jour de l'enterrement, "le don de ta jeune vie pour la cause du peuple ouvrier éclaire maintenant ceux qui jusque là dormaient. Par ton exemple, ton courage, la lutte continue, et continuera jusqu'à la victoire. Gilles tu seras vengé..." Contrat rempli. Quelques dizaines de "petits-chefs" musclés, survoltés, chargent à coups de barres de fer notre rassemblement recueilli, dans la cour, au moment ou un ouvrier de l'usine, à son tour, vient de dire quelques mots au micro. Nous n'attendions que ça. Ils en veulent? Ils en ont. Nos jeunes de Massy, Jean-Pierre Liban, et son ami Maxime C. se distinguent, au premier rang. Ils les reçoivent de façon adéquate, et les renvoient, sans fioritures, dans leur 22 mètres. Le sang couler. Dans les rangs des combattants du Retour, de la Mémoire - et de la juste vengeance...- un Corse se signale par sa bravoure. "U cervu" ("le cerf"), ancien du G.P.A. d'élite du C.V.B. de Louis-le-Grand, m'a rappelé, quand nous nous sommes revus, pour ce livre, à Ajaccio où il est revenu "vivre et travailler au pays", comment nous nous étions connus avant de nous voir, dans la grande cour de Flins, pour la dernière fois, 38 ans auparavant, donc. Nos réunions sur le Vietnam, il n'avait "rien contre", expliqua-t-il un jour à un de ses condisciples d'hypokhâgne venu faire auprès de lui son devoir de prosélytisme militant. "Mais bof!"...En revanche, s'il y avait "quelque chose de sérieux à faire contre les "fafs", banco! "Pour ce genre de choses", il souhaitait être mis en contact direct avec un responsable, spécialisé. On l'avait donc conduit à la petite piaule que j'occupais chez une vieille tante, toute proche du lycée. Il était neuf heures du soir. Complètement claqué, nous militions sans trêve, je dormais déjà... Ensuite, parmi d'autres choses, il se souvient du métro Villiers - et de "Polo" couvert de sang, sa grande barre rouge et blanche de chantier brandie comme une hallebarde; et enfin du joli petit baby-gros jaune que lui et sa compagne (Fauchon: "fauchons!" Lire page) nous avaient envoyé à la naissance de notre Julien, en novembre 1972 - sachant que la Maman était seule, et le jeune père en prison. Le premier enfant d' "U Cervu" et de sa compagne allait naître, lui, un mois plus tard.. suitevoir note suivante
27.3.08 00:23


REBELLES: LE PARTI DE LA BANLIEUE

REBELLES - LE PARTI DE LA BANLIEUE II. "Le Parti de la Banlieue" Du "piège à flics" de Montrouge (92) à Flins (Les Mureaux, Mantes-la-Jolie -78) - Mai 68, amère pilule…Tout ça pour ça? Nous ne refaisons surface que l’année suivante. « Coupé du peuple », « petit-bourgeois », et paralysé par la « peur de la mort", le « mouvement étudiant » s'est effondré sur lui-même. R.A.S. Nos espoirs, et déjà notre stratégie, reposent sur les grèves ouvrières qui sont allées, dans la région de Sochaux-Montbéliard notamment (Peugeot), aux limites du soulèvement insurrectionnel (fusils). Mais l' expérience fondatrice, pour nous, c'est avant tout l'émeute autour de Renault-Flins, en juin 1968, où la "Résistance prolétarienne" a été marquée par la fusion, dans le feu de l'action, des ouvriers et de la frange progressiste des étudiants - dans une « lutte exemplaire » contre une reprise du travail "achetée" par de maigres augmentations de salaire. Contre le pouvoir du capitalisme d'Etat, en rupture avec la vieille gauche crépusculaire comme avec ses avatars groupusculaires, Krivine etc., Flins a tracé les lignes de démarcation fondamentales, marquant les contours de la période. La fusion atomique de trois noyaux Refus de la peur, comme du laisser aller, et deux directions claires: « prolétarisation et militarisation ». C'est sur cette architecture dépouillée que s'édifie la « Gauche Prolétarienne » (G.P.). Elle naît, formellement, dans l’appartement des parents d’Olivier et de Jean Rolin (tous deux aujourd'hui repentis, et écrivains de cour), 33 rue Lacépède, au cours d’une réunion « historique », dans le soleil encore plein de chaleur du bel "l'été indien" de 1968, qui refuse un automne poutant appelé à flamboyer quatre années dignes, encore (1968-72), avant un long hiver de gel (1973-2005, puis le retour des beaux jours... Ce jour-là s’ opère la fusion – atomique - de trois noyaux : 1 - Un petit groupe de théoriciens « marxistes-leninistes" issu de la minorité "anti-liquidatrice" de l’UJC-ml, l’Union des jeunesses Communistes (marxiste-leniniste). L’UJC-ml est le fruit d’une scission « pro-chinoise » de l’UEC (la succursale étudiante du Parti Communiste). Elle est survenue quelques années plus tôt, sous la direction de Robert Linhart, un de ces fils d'ashkenazes rayonnants du plus lumineux universalisme, et parfois d'un héroïsme révolutionnaire à dimension d'épopée, comme l'immense Marek Edelman, jeune chef de l'insurrection du ghetto juif de Varsovie devenu, par fidélité à l'essentiel, ennemi mortel de l'Etat d'Israël, qu'il maudit. Fils comme Marek l'invincible de l'ancienne Pologne, Robert, disciple préféré d’Althusser surpassera rapidement son "maître" - jusqu'à ce que son Judas, un chafouin sépharade originaire d’Egypte se prenant pour le puissant Moïse, son éternel second, réussisse à devenir son Brutus, et à l'abattre, en pleine fureur de mai. 2 - La tendance « Guerre Civile » du Mouvement du 22 mars : Serge July, Alain Geismar, Evelyne Haas, Herta Alvarez. Nous baptisons ainsi, par dérision, les auteurs d'un "pavé" un tantinet pompier, « Vers la Guerre Civile », à paraître début 1969, sous la triple signature ALAIN GEISMAR SERGE JULY ERLYN MORANE (EDTIONS ET PUBLICATIONS PREMIERES). Erlyn Morane est le pseudo commun d'Evelyne, la (riche) épouse de Serge, et de la bonne Herta. Prétendant représenter "la gauche du 22 mars" (ceux qui nous ont accompagnés à Flins, le quatuor a bâclé son pensum ampoulé au cours de l’été - à l’occasion d’un « conclave de luxe", à Cuba. 3. - Les « cadres politico-militaires » des G.P.A., dirigeants « opérationnels" de la future G.P. : Rolin, Jean-Claude Zancarini (« Tarzan »), et Maurice Brover, "Momo" - qui a amené son "premier apprenti", "Polo", le signataire de ces lignes… - Très vite, c’est sur les épaules, larges, des hommes d'action, les « politico-militaires », futurs "colonels", que repose la responsabilité d’initier les premières « opérations » pratiques portant la « marque de fabrique » de ce que nous allons nommer la « Gauche Prolétarienne » (G.P.)... "C'est formidable! - Serge JULY et les poissons rouges d'Ulm Le 15 juin 1969, le premier « piège à flics » organisé par la G.P., sur le marché populaire de Montrouge, dans les Hauts de Seine, vaut à l'auteur de ces lignes les félicitations enthousiastes de... Serge July. Retenu, ça va devenir une habitude, par une "panne d'oreiller" devenue "obligations urgentes" (en ce beau week-end de printemps), Serge ne s'est pas déplacé sur le terrain - au risque de prendre une beigne, ce qui nous arrive à tous sans que nous en fassions un gros caca nerveux... Mais, collé à son transistor, il a suivi le "compte-rendu du match", sur Europe 1. Fasciné, déjà, par tout ce qui brille, il est content comme un bébé devant sa première sucette. Il fait plaisir à voir. Et son accueil est plus que chaleureux, quand, à peine descendu de moto, casque ballottant au bout du bras, je lui fais un rapport de toute première main, "à chaud" - bref, mais meilleur, j'en suis sûr, sans avoir eu le temps d'écouter la radio (on ne peut pas être au four et au moulin...) que le "flash" urgent de ses "potes" d'Europe... Il boit, les yeux fous, mes paroles, devant le fameux bassin aux poissons rouges autour duquel ont circulé, bien avant nous, refaisant le monde en devisant gravement, des générations entières d'intellectuels - "crème de la crème" de l'université française parvenus dans ce Saint des Saints à l'issue d'un interminable parcours de sélection, ponctué par un terrible concours. La sagesse de ces poissons - rouges... - encore présents quand le D.E.A. de philo de mon fils aîné m'a donné l'occasion de revenir faire un tour à l'E.N.S. d'Ulm, que j'avais rayée de mon "plan de carrière" pour aller, comme d'autres, mais pas Serge, m' "établir en usine" - s'est nourrie de toutes les grandes idées du siècle d'avant le Vietnam et la Révolution Culturelle chinoise, dont les échos encore assourdis, viennent alors saper, jusqu'autour du cercle sacré d'eau verdie, cœur parfaitemend rond de cette Eglise laïque des plus anciens Savoirs, les piliers du Temple: au cœur de la contradiction savoir-pouvoir, intellectuel-manuel, et théorie-pratique... "C'est formidable!", dit Serge, donc, avec ce sourire un peu niais, éclairant tout de même un visage déjà mou et gras, précocement nuancé de pourpre, qui accompagne chez lui tous les "formidable!" en rafale de ses emballements successifs, énoncés de la voix de métal mou, grinçante, qu'on connaît... Passé des rangs "modernisateurs" ("droitiers" et "libéraux") de la tendance réformiste "à l'italienne", au sein de l'U.E.C. des années 60 à celle de l'acide, pétillant et libertaire "Mouvement du 22 mars", cet universitaire raté, petit prof, alors, à Sainte-Barbe, où peuvent "enseigner", hélas, l'Histoire, ceux qui n'ont pas dépassé le niveau de la licence, est un fils-à-papa devenu Roi-fainéant de la presse et de la politique la plus opportuniste, bien dans le style des radicaux de la III ème République,"rouge" (physiquement), ou plus précisément "rose-vif" (trogne comprise) à l'extérieur, et blanc, à l'intérieur... Du camp des "italiens", Serge est ensuite passé - fasciné, toujours fasciné... - à une apologie cubano-tropicale de la plus absolue "haine de classe", avec l' innommable et prétentieux pathos qu'est "Vers la guerre civile". Pour le pondre, Serge est allé se détendre des fièvres du mois de mai sous le soleil des Tropiques, avec sa femme d'alors, Evelyne, héritière fortunée, brillante, entreprenante et courageuse, d'une puissante dynastie juive franco-américaine, son compère Geismar, et la brave Erta Alvarez - vaillante "anar" issue de l'Espagne rouge et noire de la guerre civile, adorée des ouvriers de Citroën qu'elle finira par abandonner à leur sort, mais tard... Avec ces trois complices, supposés représentants de l' "aile gauche du 22 mars" - qui valait mieux - la tendance de Serge à se laisser emporter sans la moindre retenue, et sans pudeur par des fascinations successives, contradictoires, pour tout ce qui semble à la mode, et potentiel vecteur de nouveaux leviers de puissance, quels qu'ils soient, le pousse à poser le plus tôt possible, et de préférence avant les autres, son postérieur d'arriviste forcené sur le dernier strapontin libre, fût-il dur et petit pour une paire de fesses molles, tombantes, et déjà, plantureuses... Il ne perdra pas de temps pour aller s'intégrer au premier "cercle dirigeant", alors embryonnaire, de l'exigeante G.P. Il n'y fera pas d'étincelles - et sera vite "renvoyé à la base" (pour "connivence médiatique"), et convié à se "rééduquer" , dans le froid enfer du nord, sa Sibérie, son goulag, où il lui faudra errer sur de mauvaises routes sur un deux-roues minables, financé, selon toute vraisemblance, par l'intègre Evelyne, qui l'a "lourdé" mais survient encore aux petits besoins de ce pitoyable raté... Deux profs intègres, honnêtes et dévoués, dont Bruno Mattei, futur correspondant de Libé, paieront pour lui le loyer de l'appartement de Waziers que ce Roi fainéant partage avec un vrai militant, le jeune mineur Creton, qui le méprise - mort depuis dans un accident de moto... Au côté d'un indicateur de police de première bourre, dont il gobe, prosterné, les "verdicts prolétariens", July y lancera le premier "scoop", et le premier "bidonnage" d'une longue carrière de cocotte médiatique: avec l'affaire du notaire de Bruay-en-Artois, un superbe dossier pour un vrai "crime de classe", infect, qu'il va pourtant réussir à bousiller, par paresse autant que par faiblesse devant les séductions toujours renouvelées, du "formidable", (lire page). Puis, quand l'assassinat de Pierre Overney, en 1972, aux portes de Billancourt, suivi par la liquidation de la G.P., en 1973, ouvrira les portes de la renommée et du pouvoir à ceux qui renient les engagements de nos morts et de tous les jeunes gens sincères et intrépides poussés au sacrifice suprême, prêts à donner leur vie pour une grande cause, il ira se vautrer sans vergogne dans les bauges de la Mitterrandie triomphante, y prostituant le quotidien "par le peuple et pour le peuple" dont nous lui avons confié la direction, Libération. Poursuivant une carrière déjà longue d'agenouillé professionnel devant toutes les fausses idoles du temps, il ira successivement se prosterner, toujours avec le même air niais dans un visage se décomposant, au fil du temps, en une caricature à la Daumier, devant le "formidable" Giscard, et les "formidables" Rocard, rival de Mitterrand - puis Mitterrand, vainqueur de Rocard... Mitterrand, il fallait l'oser. Touché par la grâce...présidentielle, July, saisi d'une inspiration subite le jour de la victoire, cessera dans l'instant même de dénoncer comme "archaïque" le vieux politicien vichyste enfin parvenu, à l'issue, lui aussi, d'incessantes reptations, à l'Elysée. Un "scoop" que le "bidonneur" de Bruay n'avait, certes, ni rêvé, ni prévu - mais on s'adapte... La course aux "formidables" n' en est pas pour autant terminée. L'infatigable Serge ira ensuite, langue bien tendue, lécher les beaux escarpins noirs vernis ou les bottes de walkyrie d'une guerre froide qui se termine, la "formidable" "Maîtresse Marie-France" (Garaud), devenue son égérie des années Reagan - avec son air sévère, ses coups de cravache sur les reins des suppôts du "totalitarisme moscoutaire", et son beau chignon noir... Encore et encore et encore, le Fasciné tournera son regard bovin, éperdu d'admiration, vers les productions "Nouvelle-Droite" du couple Hocquenghem- Alain De Benoist, lascivement étalées en double pages de Libé... Puis ses faveurs iront au Philippe De Villiers "joffrinisé" bras-dessus bras-dessous avec le pauvre Montand de "Vive la Crise" co-produit "en toute indépendance" avec la deuxième chaîne (socialisted'Etat) par le Libération "libéral-libertaire" de l'axe-Madelin-Cohn-Bendit- Guy Sorman. A l'heure de la retraite, et pour boucler la boucle, il ne lui reste qu'à prendre les patins de ses vieux amis Bernard Kouchner (de l'époque "italienne" de l'U.E.C.) et André Glucksmann (fugitif compagnon de route chez les maos), pour déclarer sa flamme au "formidable" Sarkozy, que déjà il tutoie - mais le dernier "plouc" du dernier canard pourri le fait aussi. Et qu'il bise (il en reste une photo). A Montrouge, ceux qui ont fait l'effort, eux, de gagner les rudes territoires de la banlieue pour une "opération politico-militaire" pouvant comporter certains risques ont pleinement atteint l'objectif fixé. Nous avons eu l'honneur et le plaisir d'infliger une somptueuse raclée aux fonctionnaires en bleu de la "Sécurité Publique" qui prétendaient nous interdire de diffuser notre "C.D.P." (La Cause du Peuple) aux ménagères et aux prolos du marché de cette sympathique commune de la banlieue sud, autour de nos beaux panneaux soigneusement illustrés, de nos affiches couleur, et de nos mégaphones, pour la seconde semaine consécutive. Pour ce faire, il a fallu, tout de même, comme aurait dit le "fils du peuple", Maurice Thorez, premier et dernier dirigeant de haute volée du Parti Communiste français (P.C.F.), "retrousser les manches" - en se passant donc, on en a l'habitude, de la présence, des conseils et des commentaires de "Serge", et de quelques autres spécalistes de la "guerre civile" en chambre comme de la "haine de classe" au bord de la mer tiède des Caraïbes, et en grève pour cause de week-end... voir note suivante
27.3.08 00:19


SANS-PAPIERS: GREVE OUVRIERE DE SOLIDARITE!

C'est un coup de tonnerre! Pour la première fois, dans une petite entreprise de l' Essonne, une grève avec occupation est déclenchée, à l'initiative de la CGT, pour obtenir la régularisation de tous les "sans papiers" employés dans l'entreprise. A lire sur le site Le Monde Réel http://www.lemondereel.fr/
9.10.06 11:22


DE REDEKER A SCHOEMANN

L'affaire REDEKER enflamme les esprits. Ce fils, nous dit Le Monde, d'un soldat allemand de l'AFRIKA KORPS - les troupes coloniales de Hitler qui dévastèrent l'Afrique du Nord pendant la seconde guerre mondiale - est prof de philo, dans le civil. Il ne s'intéresse pas à la philosophie allemande - un sujet, pourtant, à la mode, dans son milieu - mais à l'islam, bien sûr, inépuisable thème sur lequel l' inculture la plus crasse n'empêche jamais les ignorants de dégoiser les pires insanités. Le FIGARO - qui a bien le droit d'écrire et de publier n'importe quoi, c'est la presse...- a jugé ce torchon digne d'être édité, sous la noble qualification de "tribune libre". Là-dessus, REDEKER affirme avoir fait l'objet de menaces, provenant de musulmans, ou présumés tels, qui se seraient exprimés contre lui, pour lui intimer de la boucler, sur INTERNET. La DST et les services de SARKOZY ayant confirmé les dires du fils du guerrier colonial, tous les journaux - et l'organe de BHL, en première ligne, ce jeudi - considère que l'enquête est faite, et la vérité établie... L'insupportable Glucksmann, et son nouveau porte-flingue, l'ancien intellectuel Olivier Rolin, jadis combattant de l'anti-racisme... militaire, hurlent au scandale dans le colonnes du journal d'Alain Minc, ouvertes, béantes, à leurs bêlements. Flanqués de quelques seconds couteaux, ils nous somment, tous, de soutenir le soldat REDEKER, devenu le symbole d'un viol odieux - et islamique - des Droits de l'Homme. Sommés nous sommes: donc, nous soutenons. Et soutenons, au garde-à-vous, et sous contrainte des Maîtres, les souteneurs - sur la foi de REDEKER, des flics, du Ministre de l'Intérieur-candidat, et du couple de renégats GlucksRolin. Espérons, Inch Allah!, qu'il n'arrive pas à ce nauséabond "intellectuel", ou prétendu tel, ni à ses peu ragoûtants promoteurs, de quoi venir couronner sa provocation... Il y a des imbéciles partout, même chez ceux qui disent défendre l'islam... Autant, ou presque, que chez ceux qui crachent sur cette grande religion, noble sœur du christianisme, "soupir, elle aussi, selon la belle expression du sage Marx, "de la créature malheureuse" - et fille, elle aussi, d'une superbe civilisation remontant à la nuit des temps...Et quand les imbéciles gratuits se font attendre, il ya des gens vénaux, qu'on paye pour faire du mal... - Mais quand des menaces de mort bien réelles parviennent, sous forme de lettres anonymes, au domicile de citoyens engagés dans le combat anti-raciste, pour la Palestine, l'Irak, ou d'un ancien héros du combat clandestin contre l'OAS, Lucien Bitterlin - un vieillard aujourd'hui sans défense -, quand elles visent une avocate exemplaire, Isabelle Coutant-Peyre, figure courageuse du barreau de Paris, respectée de ses pairs, et quand elles sont accompagnées de balles de revolver, envoyées, sous enveloppe, par un frappadingue, collectionneur, qui plus est, d'un stock impressionnant d'armes de guerre, persone ne moufte. Il est vrai que le "Corbeau d'Israel", l'auteur de ces menaces ignobles, ouvertement terroristes, et qui continue à narguer ses victimes, avec une arrogance cynique, jusque sous le nez des (indulgents) magistrats chargés, théoriquement, de le juger, affirme agir pour le plus grand bien de l'Etat colonial qui-a-bien-le-droit-de-se-défendre - et qui ne survit que par la guerre, l'épuration ethnique érigée en coutume, et les massacres, depuis que le "dur XX ème siècle", et les puissances du temps, ont enfanté, dans le sang, cet avorton sans avenir, fils des rêves racistes de Théodor Herzl. Et que cet héritier de l'autrichien pervers, aux fantasmes de mort et de terreur,et aux balles réelles, se prénomme RAPHAEL - et pas OMAR, ALI ou MOHAMMED... Pour en savoir plus sur les vrais intellectuels français engagés contre la démagogie raciste dans l'affaire REDEKER, et sur le scandale SCHOEMANN (le "corbeau"), allez donc faire un tour sur le nouveau site d'information de référence, en pleine ascension, Le Monde Réel: http: //www.lemondereel.fr/
6.10.06 14:56


PALESTINE: le "document des prisonniers" (en version intégrale)

Transmis directement par une source palestinienne, le "document des prisonniers", rédigé et signé, depuis leurs cellules, par Marwan Barghouti, du Fatah, et par ses amis détenus du Hamas ainsi que des autres principales sensibilités de la Résistance Palestinienne, est actuellement en ligne, en verson intégrale, sur le site Le Monde Réel. http://www.lemondereel.fr/ Rappelons que c'est ce document qui a permis l'ouverture des négociations HAMAS-FATAH, en vue de constituer un gouvernement d'union et de rassemblement - pour sortir de la crise, et éviter la guerre civile. C'est lui qui a déclenché toute la dynamique de confrontation effervescente, et stimulé l'esprit de lutte: avec les conséquences que l'on connaît, de la glorieuse capture des militaires des forces d'occupation coloniale, aux portes de Gaza, à l'offensive de solidarité de la Résistance Libanaise, aux confins du Djebel Amil (Liban Sud). Le tout ayant été suivi par la brutale invasion du Liban par Israël - qui n'a pas renoncé à en contrôler les riches réserves d'eau; puis par la première défaite stratégique de l'entité raciste de Tel Aviv, dans son affrontement avec la stratégie maoiste de "guerre populaire prolongée" - adoptée, et portée à la perfection par la Résistance Islamique, le Hezbollah et ses alliés chrétiens (général Aoun) et communistes (PCL). Le Monde Réel http://www.lemondereel.fr/
1.10.06 11:01


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